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SÉCURITÉ
Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Samedi 07 février 2026

Nombre de lectures: 393

À Goma : Corneille Nangaa proclame « la fin de la guerre » et appelle à la reconstruction du Nord-Kivu

Corneille Nangaa, président de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée au mouvement rebelle M23, a annoncé ce vendredi 6 février à Goma, la fin des hostilités dans la ville et ses environs, affirmant que « la guerre est désormais finie » dans cette partie stratégique de l’Est de la République démocratique du Congo. 

Cette déclaration a été faite devant une foule réunie dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, au terme d’une prise de parole au ton triomphal, marquée par des promesses de paix et de relèvement.

Dans son message, Corneille Nangaa a assuré que la situation sécuritaire à Goma serait désormais stabilisée, attribuant cette accalmie à l’action des responsables politico-militaires de l’AFC-M23. « Grâce à l’implication de toutes les autorités de l’AFC-M23, Goma respire désormais le calumet de la paix », a-t-il déclaré, soutenant que la population peut désormais « dormir en toute quiétude ».

Pour plusieurs habitants présents sur place, cette annonce se veut un signal fort, après des années d’instabilité chronique, de violences armées, de déplacements massifs et de traumatismes collectifs ayant profondément marqué la ville et l’ensemble du Nord-Kivu.

Se présentant comme un acteur déterminé à tourner la page du conflit, Nangaa a insisté sur le fait que la phase militaire devait céder place à une nouvelle dynamique centrée sur la reconstruction et le développement. Il a ainsi annoncé que les autorités de son mouvement procéderaient à des visites de terrain afin d’évaluer les chantiers en cours et relancer les projets d’intérêt public. « Les chantiers de la ville de Goma seront visités pour relancer les projets de développement », a-t-il promis, appelant les citoyens à se mobiliser autour d’une vision qu’il présente comme patriotique et tournée vers l’avenir.

Dans un discours fortement orienté vers la mobilisation populaire, Corneille Nangaa a exhorté les habitants à participer activement à la relance économique de la province. « Nous demandons à chacun de mettre la main à la pâte pour le développement que nous engageons. Le Nord-Kivu sera reconstruit par nous-mêmes, le Congo sera reconstruit par nous-mêmes », a-t-il martelé, insistant sur la responsabilité collective des Congolais dans la reconstruction nationale. Ce passage, largement applaudi, vise à donner l’image d’un mouvement se positionnant non seulement comme une force militaire, mais aussi comme une structure prétendant offrir une gouvernance locale.

Cependant, cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile, où les souvenirs des combats récents demeurent vivaces. Depuis plusieurs années, le Nord-Kivu est l’épicentre de violences armées impliquant les Forces armées de la RDC (FARDC), des groupes armés locaux et étrangers, ainsi que le M23, accusé par plusieurs rapports internationaux d’être soutenu par des intérêts extérieurs, ce que ses responsables continuent de contester. Les affrontements ont causé une grave crise humanitaire, marquée par des milliers de morts, des destructions d’infrastructures et le déplacement de centaines de milliers de civils, dont une partie vit encore dans des camps ou dans des conditions précaires autour de Goma.

Sur le terrain, la population de Goma, souvent prise entre l’espoir et la peur, accueille cette déclaration avec prudence. Plusieurs voix estiment que la proclamation d’une paix durable ne peut se limiter à une annonce politique, aussi solennelle soit-elle, mais doit se traduire par des mesures concrètes : cessation effective des hostilités, garanties de sécurité, désarmement réel, protection des civils et rétablissement des services essentiels. Pour de nombreux déplacés, la question centrale reste celle du retour sécurisé dans leurs villages d’origine, souvent encore occupés ou détruits à la suite des combats.

La déclaration du président de l’AFC-M23 suscite également des interrogations sur la nature du pouvoir exercé actuellement dans certaines zones sous influence rebelle, et sur la capacité de cette structure à garantir une administration stable, respectueuse des droits humains et acceptable pour l’ensemble des composantes sociales. Dans une province où les conflits ont souvent été alimentés par des frustrations historiques et des enjeux identitaires, plusieurs acteurs de la société civile insistent sur l’importance d’une gouvernance inclusive et d’un dialogue élargi impliquant toutes les communautés.

Sur le plan politique, la sortie médiatique de Nangaa apparaît comme une tentative de consolider sa posture de leader et de renforcer l’image d’un mouvement se présentant comme porteur d’une alternative. Son discours met en avant une logique de souveraineté populaire et d’auto-prise en charge, mais cette rhétorique intervient alors que la RDC demeure engagée dans une bataille diplomatique et militaire visant à restaurer l’autorité de l’État dans les zones sous contrôle rebelle. À Kinshasa, les autorités continuent de considérer le M23 comme un mouvement insurrectionnel, responsable de graves violations et de l’occupation illégale de territoires.

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Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Samedi 07 février 2026

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