Le ton monte à nouveau entre Kinshasa et Kigali. Dans un communiqué officiel, le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) alerte sur une nouvelle incursion des Forces de Défense Rwandaises (RDF) sur son territoire, cette fois-ci ciblant la province du Sud-Kivu.
Un itinéraire stratégique vers le Tanganyika
Selon les services de sécurité congolais, environ trois bataillons rwandais auraient pénétré dans les hauts plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga. Pour masquer leur présence, ces troupes utiliseraient une stratégie d'infiltration visant à rejoindre les rebelles locaux Twirwaneho.
L'itinéraire tracé par le renseignement militaire est précis :
1. Infiltration par le Mont Mitumba, via Elende N’Ebukala.
2. Traversée de la réserve du Mont Kabobo (zone de Nganja).
3. Jonction avec les Forces Bendera à Fizi.
4. Objectif final supposé : une progression vers l’axe Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika.
Accusations croisées et démentis
Cette dénonciation intervient alors que Kigali soutient que les rebelles du M23-ARC auraient quitté le territoire d’Uvira. Une version formellement démentie par les autorités de Kinshasa et plusieurs observations sur le terrain qui confirment, au contraire, un renforcement des positions ennemies.
Face à ce qu'il considère comme une menace directe contre l'intégrité territoriale, le gouvernement congolais a lancé deux appels majeurs :
* À la population : Faire preuve d'une vigilance accrue et collaborer avec les forces de sécurité.
* À la communauté internationale : Agir pour prévenir une nouvelle escalade de violence afin que personne ne soit « pris au dépourvu ».
La situation sécuritaire reste extrêmement précaire. Ces mouvements de troupes, s'ils se confirment, pourraient marquer une nouvelle phase dans le conflit à l'Est, déplaçant le centre de gravité des tensions plus au sud, vers le Tanganyika, une zone jusqu'ici relativement épargnée par les grands affrontements récents.
