L’attaque meurtrière qui a frappé un quartier résidentiel de Goma dans la nuit de mardi à ce mercredi 11 mars, continue de susciter interrogations et spéculations. Le drame a coûté la vie à l’humanitaire française Karine Buisset, engagée auprès des enfants congolais. Mais derrière cette tragédie, une question brûlante s’impose : la véritable cible était-elle l’ancien président Joseph Kabila Kabange ?
À 5h19, un compte X identifié sous le nom Anaelmarlon Muz, réputé proche de certains éléments de l’armée et des groupes Wazalendo, publiait un message énigmatique : « Quelqu’un vient d’être envoyé en enfer à Goma maintenant. »
Le post a été rapidement supprimé, peu après la confirmation officielle du décès de la ressortissante française.
La piste Kabila
Selon plusieurs sources concordantes, l’attaque aurait visé l’ancien chef de l’État, qui séjournerait discrètement à Goma depuis quelques jours, entouré de proches conseillers. La maison touchée se trouve à quelques mètres seulement de la résidence familiale de Joseph Kabila.
Des responsables militaires auraient été informés de sa présence, mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.
Le journaliste Rodriguez Katsuva, connu pour ses positions pro-M23, rappelle que cette villa appartient à l’entrepreneur belge Pascal, représentant de Toyota à Goma. Elle aurait déjà accueilli des personnalités de premier plan, dont le président Félix Tshisekedi lors de précédents séjours.
« Les renseignements ont certainement pensé que Kabila et ses conseillers devraient y être », écrit Katsuva, suggérant que l’attaque n’était pas un hasard mais une opération ciblée.
Deux frappes calculées
Les témoignages évoquent deux bombes larguées avec précision : la première à l’étage, la seconde au rez-de-chaussée, visant à maximiser les pertes humaines.
Le destin a voulu que ce soit Karine Buisset, humanitaire venue pour aider les enfants congolais, qui se trouvait dans la maison au moment de l’attaque.
À ce stade, aucune autorité n’a confirmé la présence de Joseph Kabila à Goma ni l’hypothèse d’une tentative d’assassinat. Mais la proximité de la villa avec sa résidence familiale, les messages cryptiques sur les réseaux sociaux et la nature calculée de l’attaque alimentent un climat de suspicion.
