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SOCIÉTÉ
Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Vendredi 19 septembre 2025

Nombre de lectures: 358

‎Au-delà du lisible : Le temps, ce luxe invisible que nous gaspillons trop souvent

Parfois, les rues nous parlent. Parfois, ce ne sont pas les grandes conférences, ni les discours d'État, ni les publications académiques qui nous réveillent, mais une simple phrase, griffonnée ou peinte sur un mur, un taxi-bus, une pancarte rouillée. Dans la jungle urbaine de Kinshasa, une telle phrase s’est imposée à notre regard, peinte à l’arrière d’un vieux fourgon Mercedes 310, jaune soleil, marqué du vécu de la route et des kilomètres avalés sans fin. On y lit :

« On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut essayer de ne pas perdre le temps qui reste ! »

Derrière cette apparente simplicité se cache une philosophie puissante, un cri de lucidité et d’espoir, un miroir tendu à notre quotidien souvent précipité, parfois improductif, et trop souvent emporté par la nostalgie du passé ou la culpabilité de l’inaction.

Une sagesse urbaine née de l’expérience

Cette citation ne vient pas d’un penseur grec ni d’un auteur à succès. Elle vient de la rue, c’est-à-dire de là où la vie se vit intensément, sans artifice, entre l’urgence de survivre et l’aspiration à mieux faire. Ce type de message, souvent aperçu à l’arrière des taxis-bus, camions ou fourgonnettes dans nos villes africaines, est un reflet de la pensée populaire — brève, tranchante, profondément réaliste.

Dans un pays où chaque seconde compte — que ce soit pour atteindre un marché, trouver un emploi, assurer un repas ou contourner une coupure d’électricité — le temps est plus qu’une ressource : c’est une ligne de vie.

L’impossibilité du retour en arrière

La première partie de la phrase : « On ne peut pas rattraper le temps perdu » est une reconnaissance brutale mais libératrice. Elle nous dit ceci : ce qui est passé est passé. Les occasions manquées, les erreurs commises, les années gaspillées dans des illusions ou dans l’attente, ne reviendront pas. Cette prise de conscience est essentielle, car elle nous libère de la culpabilité stérile. L’auteur de cette phrase n’essaie pas de bercer d’illusions. Il nous invite à regarder en face notre réalité sans détours ni faux-semblants.

Dans un pays où l’histoire a parfois été douloureuse, faite de promesses non tenues, de rendez-vous manqués avec le progrès, ce message prend une dimension collective : la nation ne peut effacer ses retards structurels en un jour. Mais…

… Il reste du temps !

Et c’est là que la seconde partie de la citation frappe avec puissance :  

« …mais on peut essayer de ne pas perdre le temps qui reste ! »  

Là réside tout l’espoir, tout le sursaut possible. Le mot-clé ici est «essayer». Il ne s’agit pas de prétendre que tout sera rattrapé, ni de faire des promesses irréalistes. Il s’agit d’une invitation à l’action lucide, au redressement, à la gestion intelligente de ce que nous avons encore entre les mains : le présent et l’avenir.

Une philosophie applicable à tous les domaines

Pour les individus, cette maxime est un rappel que malgré les années perdues dans des choix erronés, des regrets ou des retards de vie, tout n’est pas fini. Il y a encore du temps pour apprendre, pour aimer, pour créer, pour réparer, pour se relever.

Pour les jeunes, elle enseigne l’importance de la conscience du temps dès maintenant. Ne pas attendre « quand j’aurai 30 ans » pour commencer à construire.

Pour les gouvernements, elle est un avertissement clair : l’heure n’est plus au bilan du passé, mais à l’action efficace pour éviter de compromettre davantage l’avenir d’un peuple qui a déjà trop attendu.

Pour les entreprises, c’est un appel à cesser les projets non stratégiques, les gaspillages, les plans sans vision. Investir maintenant dans ce qui est durable, utile, humain.

Le temps comme capital non renouvelable

Cette phrase ramène au cœur du débat un concept trop souvent négligé : «le temps» comme capital non renouvelable. L’argent perdu peut se regagner. La réputation ternie peut être restaurée. Mais le temps, lui, s’écoule sans retour. Dans une société où l’on court souvent sans but, où les journées sont dévorées par l’urgence au détriment de l’essentiel, cette maxime agit comme une boussole.

Une voix anonyme, mais universelle

Ce message, sans auteur connu, est pourtant signé de tous. Il est à la fois personnel et collectif. Il est ancré dans l’asphalte brûlant de nos villes, mais il transcende les frontières. C’est le cri d’un peuple qui sait que le passé ne reviendra pas, mais qui refuse de se résigner.

Cette phrase n’a pas besoin d’être dans un livre de philosophie pour être puissante. Elle vit déjà sur les routes de Kinshasa, dans le regard d’un chauffeur de taxi qui connaît la valeur de chaque minute, dans le cœur d’un étudiant qui refuse de baisser les bras malgré les retards académiques, dans la détermination d’une mère qui relance son petit commerce après des mois de galère.

« On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut essayer de ne pas perdre le temps qui reste ! »

Le message est clair, sincère, et sans détour. Et si nos politiques, nos dirigeants, nos familles, nos institutions et chacun de nous l’appliquions réellement… Peut-être qu’alors, le temps qu’il nous reste serait enfin bien utilisé.

Stony Mulumba Sha Mbuyi

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Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Vendredi 19 septembre 2025

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