Comme chaque année, la saison du ramassage des sauterelles s’annonce dans la commune rurale de Kyondo, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Attendue entre novembre et décembre, cette période est vécue à la fois comme une opportunité économique et une source de préoccupations sociales pour les habitants.
Ce mercredi 29 octobre 2025, votre rédaction s’est rendue sur place pour recueillir les avis de la population locale.
Madame Kavira Mutwali Asifiwe, habitante de Kyondo, se réjouit des bénéfices économiques qu’offre cette saison :
« Les piégeurs de sauterelles trouvent facilement preneur. Leur vente permet de répondre à plusieurs besoins familiaux, » affirme-t-elle.
Mais derrière cette effervescence, des dérives persistent. Monsieur Paluku Muviswa Arnold évoque des violences passées sous silence :
« Des jeunes filles sont parfois victimes d’abus sexuels lors des chasses nocturnes. C’est un phénomène inquiétant mais peu médiatisé. »
Il souligne également les dégâts agricoles causés par les attroupements nocturnes :
« Champs piétinés, plantations détruites… Les agriculteurs en paient le prix dans l’indifférence. »
Dans le secteur de l’éducation, la saison impacte aussi les élèves. Plusieurs enseignants constatent une baisse d’assiduité et de concentration.
« Beaucoup d’enfants passent la nuit à chasser les sauterelles, puis dorment en classe », déplorent-ils.
Face à cette double réalité, les autorités sont appelées à encadrer cette pratique traditionnelle. Une sensibilisation ciblée permettrait de préserver les avantages économiques tout en protégeant les personnes vulnérables et les activités agricoles.
Kasivika D’Alzon Emmanuel
