Le tribunal militaire de garnison de Beni a rendu, jeudi 16 octobre 2025, son verdict dans le procès contre 17 présumés combattants et collaborateurs des rebelles ADF. À l’issue des audiences publiques, 13 d’entre eux ont été condamnés à des peines allant de 15 ans de prison à la peine de mort, tandis que 4 autres ont été acquittés. Ces prévenus ont été reconnus coupables de plusieurs infractions graves, notamment participation à un mouvement insurrectionnel, financement du terrorisme et crime de guerre par enrôlement d’enfants.
Selon le lieutenant-colonel magistrat Guy Nyembo, président du tribunal, cette décision marque la fin d’un procès entamé le 22 septembre, impliquant au total 64 prévenus présentés par l’auditorat militaire de Beni. L’auditeur militaire, le capitaine Hubert Kabandani, a souligné que ce jugement revêt un caractère pédagogique et dissuasif, traduisant la volonté de l’État congolais de lutter contre l’impunité et de protéger les droits humains dans une région longtemps meurtrie par les violences.
Cependant, la défense a exprimé son désaccord avec le verdict. Maître Kambale Kahiwa Urbain, défenseur judiciaire, a annoncé son intention de faire appel, estimant que certaines peines sont excessives et méritent d’être révisées conformément à la loi. Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire tendu où les ADF, affiliés à l’État islamique, continuent de semer la terreur dans les territoires de Beni, Lubero et Ituri, à travers des massacres, des enlèvements et des destructions de biens civils.
Pascal Nduyiri
