La barbarie des rebelles des ADF a atteint un nouveau seuil d’horreur à Mangadu, une localité située à l’Est du village Upende, sur l’axe stratégique Mbau–Mantumbi, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu).
Après avoir tué plusieurs civils dans la nuit de mardi à mercredi, les assaillants ont laissé derrière eux un piège mortel : des engins explosifs disposés autour des dépouilles, rendant toute tentative de récupération extrêmement dangereuse.
Dès le lendemain du carnage, les jeunes volontaires de Mbau se sont mobilisés pour évacuer les corps. Mais l’opération s’est heurtée à un grave risque sécuritaire. Sous la supervision des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), un officier de l’armée a ordonné l’arrêt partiel de la mission.
« Les ADF ont piégé certains corps avec des bombes. C’est extrêmement dangereux. Évacuez seulement quatre corps et laissez celui qui est entouré d’explosifs jusqu’à l’intervention de nos spécialistes », a-t-il déclaré sur place.
Cette situation a confirmé la présence continue des rebelles dans la zone et leur volonté d’empêcher toute intervention humanitaire.
Présent à la barrière de Linzo, le chef du secteur Beni–Mbau, Kaseraka Malisava, a soutenu la décision de l’armée et demandé à la population de ne pas s’exposer inutilement.
« L’ennemi a laissé des engins de guerre. C’est un message clair. Nous devons attendre que l’armée sécurise totalement la zone avant toute poursuite des fouilles », a-t-il déclaré.
Selon les premières informations, cinq civils ont été tués lors de cette attaque, tandis que plusieurs personnes sont toujours portées disparues. La peur s’est emparée de toute la zone de Mbau–Mantumbi, notamment à Musuku-Miliese, où une autre incursion des ADF a été déjouée par l’armée le même jour.
Le jeudi 12 février, la situation été très instable, selon des leaders locaux de la jeunesse. Des dégâts matériels importants ont également été signalés à Maliese, après le passage des assaillants.
Face à cette escalade de violence et à l’utilisation de méthodes de plus en plus meurtrières, les habitants de la région vivent dans une psychose permanente, craignant de nouvelles attaques et redoutant même de récupérer les corps de leurs proches.
L’armée affirme poursuivre les opérations de sécurisation pendant que les équipes spécialisées en déminage s’activent pour neutraliser les explosifs laissés par les ADF.
