La Coordination de la société civile du Congo (SOCICO), section Beni-Ville, a lancé une alerte sérieuse sur les conditions de détention à la prison centrale de Kangbayi ainsi que dans plusieurs cachots de la ville de Beni. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 5 février 2026, cette organisation citoyenne appelle les autorités compétentes à agir sans délai afin d’éviter une crise humanitaire et de garantir le respect de l’État de droit.
Selon la SOCICO, la prison centrale de Kangbayi accueille actuellement plus de 2 000 détenus, un effectif largement supérieur à sa capacité d’accueil normale. Cette surpopulation carcérale engendre des conditions de détention jugées dégradantes, caractérisées par la promiscuité, le manque d’hygiène, l’insuffisance alimentaire et un risque élevé de propagation des maladies, mettant gravement en danger la santé et la dignité des pensionnaires.
L’organisation citoyenne dénonce également le non-respect de l’ordonnance modifiant l’état de siège. Elle affirme que plusieurs détenus poursuivis pour des infractions de droit commun, notamment des cas de coups et blessures ou d’occupation illégale, sont maintenus en détention en violation des textes légaux en vigueur. À cela s’ajoutent des détentions prolongées sans jugement, ainsi que la perception d’amendes jugées exorbitantes et sans quittance, que la SOCICO assimile à des pratiques d’extorsion.
Sous la conduite de son président, Junior Mumbere Mbakulirahi, la SOCICO Beni-Ville exhorte les autorités judiciaires, administratives et sécuritaires à assainir d’urgence le système carcéral et à donner une suite concrète à cette alerte. Elle rappelle que la population de Beni, déjà durement affectée par l’insécurité persistante et la crise socio-économique, ne saurait supporter une nouvelle crise liée aux dysfonctionnements du système judiciaire.
La SOCICO prévient enfin que l’inaction des autorités pourrait conduire à une crise carcérale majeure, avec des conséquences graves sur la sécurité et la stabilité de la ville de Beni.
Dieumerci Matu Chub
