À Beni, dans la province du Nord-Kivu, l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur de santé publique. Malgré les interventions des organisations humanitaires et des partenaires techniques, une grande partie de la population continue de souffrir d’un approvisionnement insuffisant en eau de qualité et en quantité.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante. L’insécurité persistante dans certaines zones entrave la mise en œuvre ainsi que le suivi des projets hydrauliques. À cela s’ajoutent une croissance démographique rapide et la dégradation progressive des infrastructures existantes, notamment les réseaux de distribution, les forages et les sources aménagées.
Selon Leonard Math, chef d’antenne du PPSSP Nord-Kivu 1, seulement 25 % de la population de Beni a actuellement accès à une eau potable répondant aux normes de qualité et de quantité, malgré les efforts fournis par les ONG présentes sur le terrain. Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi.
Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les femmes et les enfants. Chargés dans de nombreux ménages de la corvée d’eau, ils parcourent parfois de longues distances, s’exposant à des risques sécuritaires et sanitaires. Par ailleurs, le manque d’eau potable favorise la propagation de maladies hydriques telles que la diarrhée, le choléra et la fièvre typhoïde.
Les experts soulignent toutefois que les eaux souterraines, notamment celles issues des forages et des sources aménagées sont généralement propres à l’origine. Le problème réside souvent dans leur gestion et leur utilisation domestique. Un stockage inadapté, l’absence de traitement complémentaire ou des pratiques d’hygiène insuffisantes peuvent rapidement rendre cette eau impropre à la consommation.
Face à ces défis, les actions communautaires apparaissent essentielles. La sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène, la gestion responsable des points d’eau existants et l’entretien régulier des infrastructures constituent des leviers importants pour améliorer durablement la situation.
Dans un contexte marqué par l’instabilité et la pression démographique en République démocratique du Congo, l’amélioration de l’accès à l’eau potable à Beni demeure un enjeu prioritaire, à la fois sanitaire, social et humanitaire. Les efforts conjoints des autorités, des partenaires techniques et des communautés seront déterminants pour garantir à la population un droit fondamental : celui d’accéder à une eau saine et sécurisée.
Premiss Batita/ stagiaire
