La multiplication des incendies dans la commune d’Ibanda, à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, suscite l’inquiétude de la Société civile Forces vives du Sud-Kivu. Entre le 27 juillet et le 13 août 2026, plusieurs dizaines d’habitations ont été détruites dans les quartiers Panzi et Ndendere, faisant au moins deux morts et laissant de nombreuses familles sans logement.
Selon le bilan communiqué ce jeudi 13 août 2026 par le Noyau communal d’Ibanda de la Société civile, le premier incendie recensé durant cette période s’est déclaré le 27 juillet 2026 sur l’axe Mbeke, avenue Longangi, dans le quartier Panzi. Plus de 20 maisons avaient alors été détruites. Deux enfants, âgés de 4 et 6 ans, avaient perdu la vie.
Le 10 août, un autre incendie s’est déclaré vers 1 heure du matin sur l’axe Bizimana, avenue Maman Yemo. Plus de 38 maisons ont été ravagées par les flammes, sans faire de victime mortelle, selon la même source.
Deux jours plus tard, le quartier Ndendere a, à son tour, été touché. Le sinistre, signalé le 12 août sur les avenues Anciens Combattants 3 et Ruzizi 2, aurait détruit plus de 40 habitations vers 11 heures. Aucun décès n’a été rapporté, mais plusieurs ménages ont perdu leurs biens.
Un nouveau départ de feu a enfin été signalé ce jeudi 13 août, aux environs de 19 heures, dans le quartier Panzi, sur l’axe Mushununu, avenue Mulamba 1. Au moment de la diffusion du communiqué de la Société civile, l’ampleur exacte des dégâts n’était pas encore connue.
Une situation préoccupante
Pour la Société civile, cette succession de sinistres dépasse désormais le cadre d’incidents isolés. Elle estime que les familles affectées font face à une situation d’urgence, certaines ayant perdu leur logement, leurs vêtements, leurs effets personnels et leurs documents importants.
L’organisation alerte particulièrement sur la situation des enfants et des ménages contraints de trouver un hébergement précaire après la destruction de leurs maisons.
Elle appelle ainsi les autorités administratives et sécuritaires, les élus, les organisations humanitaires, les ONG, les confessions religieuses ainsi que les personnes de bonne volonté à mettre en place une assistance immédiate au profit des sinistrés.
Parmi les besoins identifiés figurent notamment des abris temporaires, de la nourriture, de l’eau potable, des vêtements, des couvertures et des kits ménagers. Un accompagnement psychosocial est également jugé nécessaire pour les familles ayant perdu leurs proches ou l’ensemble de leurs biens.
Prévenir de nouveaux incendies
Au-delà de l’aide d’urgence, la Société civile demande aux autorités compétentes de s’intéresser aux causes de ces incendies à répétition et de renforcer les mécanismes de prévention et d’alerte.
Elle plaide également pour une amélioration des capacités d’intervention afin de permettre aux services concernés de réagir rapidement en cas de nouveau sinistre.
Pour le Noyau communal d’Ibanda, cette série d’incendies doit être considérée comme un signal d’alarme. L’organisation appelle à une réponse coordonnée permettant à la fois de venir en aide aux familles touchées et de réduire le risque de nouveaux drames.
Elle présente ses condoléances aux familles des deux enfants morts dans l’incendie du 27 juillet et exprime sa solidarité avec l’ensemble des sinistrés.
Dans cette commune densément peuplée de la ville de Bukavu, la priorité est désormais double : répondre aux besoins immédiats des familles qui ont tout perdu et renforcer la prévention pour éviter que de nouveaux incendies ne viennent alourdir le bilan humain et matériel.
Christian Balemba
