La série d’incendies qui touche la ville de Bukavu, dans le Sud-Kivu, continue de susciter l’inquiétude. En l’espace de moins d’un mois, au moins douze personnes ont perdu la vie dans différents sinistres signalés principalement dans les communes d’Ibanda et de Kadutu, selon des chiffres communiqués par des acteurs de la société civile. Les deux derniers cas ont été enregistrés durant le week-end des 22 et 23 août.
Dans la soirée du samedi 22 août, un incendie s’est déclaré vers 19 heures sur l’avenue Ikanga, au quartier Nyalukemba, dans la commune d’Ibanda. Le bilan fait état de trois morts. Les victimes seraient des enfants appartenant à une même famille, selon le Noyau de la Société civile Forces vives d’Ibanda.
Plusieurs habitations ont également été détruites ou endommagées par les flammes. Les circonstances exactes du départ du feu demeuraient inconnues au moment de la rédaction.
Un autre sinistre à Kadutu
Le lendemain, dimanche 23 août, un nouvel incendie a été signalé aux alentours de 11 heures sur l’avenue Hôpital Général de Référence de Bukavu, dans le quartier Nkafu, commune de Kadutu.
Plusieurs maisons ont été touchées. Aucun décès n’a toutefois été rapporté dans ce cas, selon Hypocrate Marume, acteur de la société civile dans le secteur.
Des riverains mettent en cause les difficultés rencontrées lors des opérations d’extinction, notamment le manque d’eau et l’absence de moyens adaptés pour combattre rapidement les flammes. Ils plaident pour un renforcement du dispositif de lutte contre les incendies dans cette partie de la ville.
Douze décès recensés depuis le 27 juillet
Le bilan global communiqué par la société civile illustre l’ampleur du phénomène.
Murhula Machumbiko, président de la société civile d’Ibanda, rapporte que sept personnes ont trouvé la mort dans des incendies survenus dans sa commune entre le 27 juillet et le 23 août. Les quartiers de Ndendere, Nyalukemba et Panzi figurent parmi les zones concernées.
Ce bilan vient s’ajouter aux cinq décès enregistrés le 20 août dernier à Nkafu. Ce précédent incendie avait emporté un couple et leurs trois enfants.
Ainsi, sur la base des chiffres fournis par les acteurs locaux cités, au moins douze personnes sont mortes dans des incendies à Bukavu entre le 27 juillet et le 23 août 2026.
Les causes encore incertaines
À ce stade, aucune cause générale ne permet d’expliquer la succession de ces sinistres. Des hypothèses évoquent notamment des défaillances électriques, certains équipements solaires, des accidents liés à la cuisson ou encore une éventuelle intervention humaine.
Ces pistes ne constituent toutefois pas des conclusions. Seules des investigations techniques et des enquêtes appropriées pourront déterminer l’origine de chaque incendie et, le cas échéant, établir les responsabilités.
Dans une ville où les habitations sont souvent rapprochées et où l’accès à l’eau et aux équipements spécialisés demeure un défi, la propagation rapide des flammes peut transformer un départ de feu en catastrophe en quelques minutes.
Les habitants réclament davantage de prévention
Au-delà du lourd tribut humain, ces incendies entraînent la destruction de logements et de biens essentiels, fragilisant davantage des familles déjà confrontées à des conditions de vie difficiles.
Face à cette répétition des sinistres, des habitants et des représentants de la société civile demandent aux autorités de renforcer les moyens d’intervention, d’améliorer l’approvisionnement en eau et de développer des actions de prévention.
Ils insistent également sur la nécessité de sensibiliser la population aux risques liés aux installations électriques, aux équipements domestiques et aux autres sources potentielles de départ de feu.
Pour les habitants de Bukavu, l’enjeu dépasse désormais la gestion de sinistres isolés : il s’agit de mettre en place un véritable dispositif de prévention et de réponse aux incendies afin d’éviter que de nouveaux drames ne viennent alourdir un bilan déjà préoccupant.
Christian Balemba
