Chaque 30 avril, la République démocratique du Congo célèbre la Journée nationale de l’Enseignement.
À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, cette commémoration a été marquée par une série d’activités pédagogiques et des messages forts en faveur de l’éducation en contexte de conflit.
Le rassemblement principal s’est tenu à l’école primaire EPO Ville, en présence de nombreuses délégations scolaires venues de différents établissements de la ville.
Prenant la parole à cette occasion, le sous-directeur provincial de l’éducation (Sous-PROVED) de Bunia, Jonathan Remema Nzenzi, a exhorté les élèves à se préparer aux défis de demain. Il les a encouragés à cultiver des valeurs de paix tout en développant un intérêt pour les filières scientifiques.
« C’est une occasion de sensibiliser les enfants à la paix et de leur transmettre l’amour de la technique et de la science », a-t-il déclaré.
S’adressant également au corps enseignant, il a salué leur engagement et leur résilience dans un contexte difficile, les invitant à rester « sereins et forts » pour accompagner la vision du Chef de l’État en matière d’éducation.
Malgré l’ambiance festive, les défis restent nombreux. Les autorités éducatives ont notamment évoqué la pression croissante sur les infrastructures scolaires de Bunia, confrontées à un afflux important d’élèves déplacés à la suite des conflits armés. Le manque de salles de classe et de moyens d’encadrement constitue un obstacle majeur à l’amélioration de la qualité de l’enseignement dans la sous-division.
Présente à cette cérémonie, Irène Vaweka, conseillère du gouverneur militaire de l’Ituri en charge de l’éducation, a salué la tenue des activités tout en exprimant ses préoccupations face à la situation sécuritaire, notamment dans le territoire de Djugu.
« La guerre en Ituri ne nous aidera pas. La province a besoin de paix pour que chaque enfant puisse retrouver le chemin de l’école », a-t-elle insisté.
Elle a ensuite lancé un message d’encouragement aux élèves à persévérer dans leurs études, car ils représentent l’avenir, et aux parents à continuer à soutenir la scolarisation de leurs enfants malgré les difficultés.
Cette célébration de la Journée nationale de l’Enseignement à Bunia aura ainsi mis en lumière une réalité contrastée : si l’éducation demeure un droit fondamental, sa mise en œuvre reste un défi quotidien dans les zones touchées par les conflits.
Hervé Kasamba
