La ville de Butembo a observé une journée de deuil et de recueillement hier, vendredi 28 novembre, marquée par une paralysie partielle des activités socio-économiques et scolaires. Cette action citoyenne visait à rendre hommage aux dizaines de civils récemment massacrés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire voisin de Lubero.
Lancé par des mouvements citoyens et des structures de la société civile, le mot d'ordre appelait à un « deuil sans activités » en signe de solidarité profonde avec les familles touchées par les atrocités.
Les attaques des ADF, survenues entre le 15 et le 20 novembre 2025 dans les secteurs de Bapere et de Baswagha (territoire de Lubero), ont fait un bilan tragique de plus de 80 civils tués, selon les chiffres rapportés par la MONUSCO.
L'impact de cet appel à la solidarité a été largement visible dans toute la ville. Sur le Boulevard Président de la République, la plupart des magasins sont restés fermés. Les banques n’accueillaient que quelques clients par des entrées discrètes.
Par ailleurs, les établissements scolaires (du primaire aux universités) ont intégralement suspendu les cours. Dans plusieurs quartiers, les habitants se sont réunis pour des débats informels sur la crise sécuritaire chronique.
Monsieur Jean-Pierre Kasma, militant du mouvement citoyen LUCHA, a souligné que cette journée visait également à encourager une réflexion collective sur les réponses à apporter aux menaces sécuritaires.
Il a lancé un appel direct aux autorités, les exhortant à traiter les exactions des ADF avec la même fermeté et la même détermination que celles attribuées aux rebelles du M23.
Cette journée de deuil intervient dans un contexte d’escalade de violences dans le Nord-Kivu, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut aux groupes armés.
Kasivika D'Alzon
