Butembo, Nord-Kivu. La situation des violences sexuelles demeure préoccupante dans la ville de Butembo. Selon les données rendues publiques par le Réseau pour les Droits de l’Homme (REDHO), près de 280 dossiers liés à ces crimes ont été enregistrés au tribunal militaire de garnison au cours de l’année 2025.
Dans une déclaration faite ce mardi 17 mars, l’organisation indique que la majorité des victimes sont des enfants. Sur l’ensemble des cas documentés, 215 concernent des viols sur mineurs, contre 41 cas visant des adultes. Plusieurs tentatives de viol ont également été signalées.
Le rapport dresse aussi le profil des auteurs présumés. Les civils arrivent en tête avec 205 cas, soit 73,21 %, suivis des militaires avec 64 cas (26,43 %), tandis qu’un policier est également mis en cause (0,36 %).
Face à ces chiffres jugés alarmants, le coordonnateur du REDHO, Me Muhindo Wasivinywa, appelle les autorités congolaises à faire de la lutte contre les violences sexuelles une priorité nationale.
Il plaide notamment pour l’accélération du traitement judiciaire des dossiers, ainsi que pour le renforcement des mécanismes de protection des victimes.
« Nous appelons l’État congolais à prendre cette question avec toute l’urgence qu’elle mérite, afin de sauver des vies », a-t-il déclaré.
L’acteur de la société civile invite également les organisations de défense des droits humains à intensifier les actions de sensibilisation et l’accompagnement des survivants.
Dieumerci Matu Chub
