La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 entre le Sénégal et le Maroc a laissé des traces bien au-delà du résultat sportif. Battu à domicile, le Maroc, pays hôte de la 35ᵉ édition du tournoi, voit s’éloigner une nouvelle fois le rêve d’un sacre continental, cinquante ans après son unique titre remporté en 1976.
Cette défaite a rapidement pris une dimension politique et médiatique. Un député marocain a publiquement appelé à des poursuites judiciaires contre l’arbitre de la rencontre, le Congolais Jean-Jacques Ndala, l’accusant de « collusion » et de « graves manquements » dans l’arbitrage. L’élu pointe notamment du doigt certaines décisions controversées, dont un penalty accordé au Sénégal, qu’il estime décisives dans l’issue du match.
La polémique a pris une tournure encore plus surprenante lorsque ce responsable politique a évoqué de supposées pratiques mystiques attribuées aux joueurs sénégalais, suggérant une influence extérieure sur le déroulement de la rencontre. Ces propos ont provoqué une vague d’indignation et de débats sur les réseaux sociaux, alimentant la colère et l’incompréhension d’une partie de l’opinion publique marocaine.
Déjà avant le coup d’envoi de la compétition, la CAN 2025 faisait l’objet de critiques au Maroc, notamment sur son coût jugé excessif face aux priorités sociales du pays. La défaite en finale apparaît ainsi comme un catalyseur d’un malaise plus profond, mêlant frustrations sportives, revendications politiques et interrogations sur la gestion des grandes compétitions.
Pendant que le Sénégal savoure son deuxième titre continental après celui de 2021, le Maroc reste toujours en quête d’un nouveau sacre. L’affaire impliquant Jean-Jacques Ndala dépasse désormais le cadre du football, prenant les allures d’un véritable choc politique et médiatique. Dans ce contexte tendu, la Confédération africaine de football (CAF) est attendue pour gérer la situation avec discernement et responsabilité.
Élie Kanyaba
