Deux ans après l’annonce en fanfare de sa création, la Haute École des Mines et de l'Industrie (HEMI) de Kolwezi ressemble de plus en plus à une coquille vide. Si l’audience accordée ce lundi 23 février par la Gouverneure Fifi Masuka à l’Ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, se voulait rassurante, elle n'a pu masquer les failles d'un partenariat franco-congolais qui peine à se matérialiser.
Un portage local pour un projet « international »
Sur le papier, l'engagement de Paris était limpide : apporter l'expertise technique et, surtout, doter l'institution de laboratoires de pointe. Dans les faits, le projet marque le pas. Depuis deux ans, la viabilité de la HEMI repose exclusivement sur les épaules de la partie congolaise. L’Université de Kolwezi (UNIKOL) assure seule la logistique, mettant à disposition ses amphithéâtres, son administration et ses enseignants pour maintenir une activité académique qui, faute de matériel, reste purement théorique.
L'absence de laboratoires : un frein à l'excellence
Le laboratoire moderne, outil pourtant indispensable à la formation des futurs ingénieurs des mines, demeure la grande promesse manquante de la coopération française. Sans ces infrastructures, la compétitivité des diplômes délivrés par la HEMI sur le marché mondial est aujourd'hui sérieusement remise en question, alimentant une inquiétude croissante au sein de la communauté estudiantine.
Un protocole qui interroge : fuite de responsabilité ?
Un détail n'a pas échappé aux observateurs : lors de l'audience au Gouvernorat, l'ambassadeur Rémi Maréchaux s'est entretenu avec l'autorité provinciale sans le Recteur de l'UNIKOL pourtant représentant de la Ministre nationale de l'Enseignement Supérieur en province.
Pourtant, aucune visite officielle sur le site de l'université n'a été confirmée. Ce choix de ne pas se confronter aux réalités du terrain et aux bénéficiaires directs du projet s'interprète, chez certains, comme un manque de transparence.
Pourquoi cet évitement ? Cette distance diplomatique fragilise la confiance et soulève une question de fond : la France est-elle encore en mesure d'honorer ses engagements initiaux ?
L'urgence d'un calendrier clair
Pour les étudiants interrogés, le temps de la courtoisie diplomatique est révolu. Cette énième mission d'itinérance doit désormais déboucher sur un calendrier précis de livraison des équipements. À défaut, le projet HEMI risquerait de devenir le symbole d'un « partenariat de papier », loin des ambitions de souveraineté technique affichées par le Lualaba.
