La République démocratique du Congo, la Zambie et l’Angola ont franchi une étape décisive dans la concrétisation du projet stratégique du corridor de Lobito ce 05 janvier 2026. Réunis dans la capitale angolaise pour une rencontre inaugurale de coordination, les ministres des Transports, des Finances et du Commerce extérieur des trois pays ont entamé deux jours de travaux destinés à harmoniser les politiques publiques et à mobiliser les investissements nécessaires, sous l’égide de la Banque mondiale.
Le corridor de Lobito est présenté comme un levier majeur de croissance économique et de promotion du commerce intra-africain. Il doit faciliter la circulation des biens et des personnes, stimuler la création d’emplois et renforcer l’intégration régionale. Dans son allocution d’ouverture, le président angolais João Lourenço a exhorté les États et les partenaires techniques et financiers à privilégier le pragmatisme afin de transformer rapidement cette ambition en réalisations concrètes.
La vision multimodale de la RDC
La République démocratique du Congo a mis en avant une approche globale et multisectorielle. Le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a détaillé une vision intégrant les infrastructures ferroviaires et routières, les routes de desserte agricole, les plateformes logistiques, mais aussi l’énergie, les zones économiques spéciales, les corridors industriels, la fibre optique et les villes modernes. La première phase prioritaire concerne le tronçon Dilolo–Kolwezi–Tenke, considéré comme stratégique pour relier les zones minières au réseau régional.
Facilitation des échanges et climat des affaires
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a rappelé que la ratification par la RDC de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC produit déjà des effets positifs pour les opérateurs économiques, notamment par la réduction des coûts et des délais liés aux procédures d’importation, d’exportation et de transit. De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a insisté sur les réformes structurelles en cours, destinées à consolider l’amélioration du climat des affaires et à attirer davantage d’investissements.
La Banque mondiale, représentée par sa directrice générale des opérations, Anna Bjerde, a réaffirmé son engagement à soutenir l’accélération de la mise en œuvre du corridor de Lobito. L’institution promet un accompagnement technique et financier pour garantir la réussite de ce projet, considéré comme un modèle de coopération régionale.
Roger AMANI
