Le conclave de Rome de la Coalition Article 64 a failli tourner au fiasco. Derrière l'image d'unité affichée ce 27 octobre 2026 avec la signature de la déclaration finale par les cinq leaders, les assises ont été traversées par de vives tensions, qui ont failli faire voler en éclats la plateforme.
Selon les révélations du journaliste Siméon Isako, à qui nous devons cette information, une implosion de la C64 a été évitée de justesse à quelques heures seulement de la lecture de la déclaration finale, grâce à l'intervention du cardinal Fridolin Ambongo.
Fayulu menace de claquer la porte
D'après les informations rapportées par notre confrère, le point de rupture porte sur la question la plus sensible du moment : la prise des armes par Joseph Kabila.
Toujours selon la même source, Martin Fayulu a envisagé de se désolidariser des autres participants. En cause : l'absence, dans la version du texte qui circule, d'une condamnation claire et sans équivoque de la prise des armes par l'ancien président Joseph Kabila.
Pour le leader de l'ECiDé, qui a toujours martelé qu'« il n'y a pas d'opposition armée, mais plutôt une rébellion », il était hors de question de signer un texte qui laisserait planer l'ambiguïté sur ce point.
Les discussions se seraient alors tendues au sein du Présidium, composé de Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, réunis à Rome du 25 au 27 octobre pour la première fois au complet depuis la création de la coalition le 19 mai 2026.
L'intervention d'Ambongo
Face au risque d'éclatement, c'est le cardinal Fridolin Ambongo qui serait intervenu en coulisses.
Selon Siméon Isako, le prélat catholique aurait joué les médiateurs pour apaiser les esprits et convaincre Martin Fayulu de privilégier l'unité de la coalition, en lui faisant comprendre que la question de la condamnation explicite pourrait être réexaminée ultérieurement.
Une médiation qui a permis de sauver les apparences et d'aboutir à la lecture de la déclaration finale, telle que nous l'avons publiée, où la C64 dit condamner « le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et s'y installer » sans nommer directement Joseph Kabila.
Mais selon notre source, c'est dans un climat de méfiance et de divergences persistantes que le texte a été lu. Martin Fayulu, précise le journaliste, n'aurait toutefois pas été pleinement satisfait de l'issue des discussions.
Si l'unité de façade a été préservée à Rome grâce au cardinal Ambongo, les lignes de fracture au sein de la C64 sur la question de la rébellion et sur l'attitude à adopter vis-à-vis de Joseph Kabila restent entières.
Roger AMANI
