La tenue d’un sommet régional à l’initiative du président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a été officiellement confirmée, dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ce rendez-vous diplomatique s’inscrit dans le cadre des mécanismes de concertation de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Selon le schéma arrêté, les travaux débuteront par une réunion d’experts, chargés d’examiner les aspects techniques et sécuritaires de la situation. Ils seront suivis d’une rencontre au niveau ministériel, avant l’étape finale consacrée au sommet des chefs d’État et de gouvernement de la région.
Cette initiative intervient alors que l’Est de la RDC reste confronté à une instabilité persistante, marquée par les combats entre les forces armées congolaises et les rebelles du M23, soutenus, selon Kinshasa, par le Rwanda. Cette situation a entraîné une grave crise humanitaire, avec des centaines de milliers de déplacés internes, tout en exacerbant les tensions diplomatiques entre plusieurs pays de la région des Grands Lacs.
L’Ouganda, voisin direct de la RDC, joue un rôle central dans les dynamiques régionales. Engagé militairement aux côtés de Kinshasa dans des opérations conjointes contre les ADF, Kampala cherche également à se positionner comme un acteur de médiation dans les conflits régionaux, notamment dans le cadre de la CIRGL.
Le sommet annoncé vise à renforcer la coordination politique et sécuritaire entre les États membres de la CIRGL, alors que les initiatives précédentes, notamment celles portées par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la SADC, peinent à produire des résultats durables sur le terrain.
Pour la RDC, ces discussions constituent une nouvelle opportunité de plaider en faveur du respect de sa souveraineté et de l’intégrité territoriale, tout en appelant à une implication plus ferme des mécanismes régionaux face à ce que Kinshasa qualifie d’agressions extérieures.
À Kinshasa, l’annonce de ce sommet est suivie avec attention. Les autorités congolaises espèrent que cette séquence — experts, ministres, puis chefs d’État — permettra d’aboutir à des décisions concrètes, notamment en matière de cessation des hostilités, de retrait des forces étrangères et de désarmement des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Dans un environnement régional complexe, où se croisent intérêts sécuritaires, économiques et politiques, ce sommet apparaît comme un test majeur pour la crédibilité de la CIRGL et pour la capacité des États des Grands Lacs à apporter une réponse collective et efficace à la crise congolaise.
