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POLITIQUE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Samedi 04 juillet 2026

Nombre de lectures: 107

Crise en RDC : Francine Muyumba doute de l’utilité d’un « processus du Burundi »

L’ancienne sénatrice Francine Muyumba questionne l’émergence d’un « processus du Burundi » pour la résolution de la crise dans l’Est de la RDC. Dans un message publié ce vendredi 3 juillet sur son compte X, elle alerte sur le risque d’une « distraction diplomatique » alors que plusieurs opposants congolais sont invités à Bujumbura par le président Évariste Ndayishimiye. « Un nouveau “processus du Burundi” semble se dessiner. Plusieurs questions s’imposent », écrit-elle.

Francine Muyumba s’interroge d’abord sur la paternité de cette démarche : s’agit-il d’une initiative du Burundi, de la RDC ou d’un nouveau mécanisme de l’Union africaine ? Si c’est un processus porté par l’UA, elle demande pourquoi ouvrir un nouveau cadre alors que les processus de Luanda, de Nairobi et la médiation du Togo étaient censés être harmonisés et n’ont toujours pas produit les résultats attendus. Elle veut savoir si l’Union africaine a officiellement confié un nouveau mandat de médiation au Burundi ou au Président en exercice de l’UA, et le cas échéant, avec quels objectifs.

Pour l’ancienne présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse, l’échec des cadres précédents s’explique par « l’absence de volonté politique de mettre en œuvre les engagements pris ». Elle estime qu’« à force de multiplier les processus sans résultats tangibles, on donne l’impression d’une distraction diplomatique et d’une perte de temps ». Francine Muyumba soulève aussi la question de la neutralité du médiateur : « Le Burundi, dont les forces sont engagées sur le territoire congolais, peut-il être perçu par l’ensemble des parties comme un médiateur suffisamment neutre et crédible ? » Les troupes burundaises sont en effet déployées dans l’Est de la RDC, d’abord dans le cadre de la Force régionale de l’EAC, puis en bilatéral.

Elle conclut que « la paix en RDC ne naîtra pas d’une succession de médiations, mais d’une volonté politique sincère et d’un dialogue national inclusif, porté par les Congolais eux-mêmes ». Selon elle, la multiplication des initiatives extérieures sans application des accords déjà signés risque d’éloigner une solution durable. La priorité, insiste-t-elle, reste l’exécution des engagements pris et l’appropriation du processus par les acteurs congolais.

Cette sortie intervient alors que le président Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’UA, a invité à Bujumbura les leaders de la Coalition Article 64. La C64 a reporté au 22 juillet sa marche contre le changement de la Constitution pour répondre à cette invitation. Ni la présidence burundaise ni l’Union africaine n’ont encore précisé le statut de cette initiative : simple consultation du président en exercice ou nouveau mandat officiel de médiation de l’UA. À Kinshasa, le débat est lancé : faut-il un « processus du Burundi » ou l’application des processus existants ?


Roger AMANI

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Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Samedi 04 juillet 2026

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