Lors du deuxième congrès de l’Union sacrée tenu à Kinshasa ce 30 août, le président Félix Tshisekedi a affirmé que toute initiative de dialogue politique dépendait exclusivement de lui. Une déclaration qui, sous ses airs anodins, révèle une lecture fine des dynamiques politiques et sécuritaires qui secouent la République Démocratique du Congo.
En revendiquant le contrôle total sur le processus de dialogue, le chef de l’État ne se contente pas d’affirmer son autorité: il dévoile une stratégie mûrement réfléchie. Dans un climat marqué par une crise sécurico-politique persistante, Tshisekedi semble mesurer les risques et les opportunités d’un éventuel dialogue. Celui-ci pourrait servir d’outil pour gérer les tensions… mais à quel moment, et dans quel but?
Le pari du timing
Plutôt que de céder à l’urgence, le pouvoir en place semble miser sur un timing calculé. L’objectif implicite? Reporter toute véritable négociation jusqu’à la fin du second mandat. Ce choix stratégique repose sur une crainte: celle que les concessions inhérentes à un dialogue sincère fragilisent le pouvoir avant 2028. En repoussant l’échéance, le régime pourrait envisager deux scénarios: un gouvernement d’ouverture post-mandat, impliquant un partage du pouvoir, ou un glissement institutionnel justifié par des circonstances exceptionnelles.
Le peuple face à l’ambiguïté
Les Congolais, en quête de solutions durables, doivent décrypter les intentions derrière cette posture. Car au-delà des discours, le régime semble privilégier la consolidation de son pouvoir au détriment d’un consensus national, pourtant essentiel pour apaiser les tensions et bâtir une stabilité réelle.
Dialogue ou diversion?
Présenté comme un geste d’ouverture, le dialogue pourrait bien n’être qu’un outil de contrôle politique. Dans le paysage congolais, où les promesses sont souvent des mirages, la vigilance est de mise. Comprendre les enjeux, c’est refuser d’être dupé. Il revient donc aux acteurs politiques et à la société civile de rester attentifs, pour que le dialogue, s’il advient, soit un véritable moteur de transformation et non une simple mise en scène.
Roger AMANI
