Quelques heures seulement après l’adresse à la nation du président Félix Tshisekedi, son discours sur la question du dialogue national suscite déjà des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Proche de l’ancien président Joseph Kabila, Francine Muyumba estime à travers son compte x consulté par expressmedias.net que le chef de l’État ne peut pas, à lui seul, définir les règles d’un dialogue destiné à résoudre la crise politique que traverse la République démocratique du Congo.
« Étant lui-même partie prenante à la crise politique que ce dialogue est appelé à résoudre, le président Tshisekedi ne peut en fixer unilatéralement les règles du jeu, l’agenda, les participants, les exclusions ou les préalables », a-t-elle déclaré.
Pour l’ancienne sénatrice, un véritable dialogue national doit être construit de manière consensuelle entre les différentes parties prenantes, avec une facilitation qu’elle souhaite « neutre et crédible ».
« On ne peut être à la fois partie, arbitre et maître des règles du jeu », insiste Francine Muyumba, appelant chaque camp à faire des concessions au nom de l’intérêt supérieur de la Nation.
« Le Congo a besoin d’un vrai dialogue, pas d’un dialogue sous conditions », conclut-elle.
De son côté, Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, dit souscrire au discours du président Tshisekedi, notamment en raison de son rejet du partage de pouvoir comme objectif du dialogue.
Il salue également l’accent mis sur la participation des citoyens, la mise en place de mécanismes de suivi dotés de moyens suffisants ainsi que le rejet de toute forme d’impunité.
« Je suis satisfait de l’intervention du Président, avec l’espoir que tout ce qu’il a dit sera observé et que ce n’est pas de la démagogie », estime Jean-Claude Katende.
Ces réactions illustrent déjà les divergences qui se dessinent autour du projet de dialogue national : entre ceux qui souhaitent un processus consensuel et ceux qui soutiennent le cadre proposé par le chef de l’État.
