Le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) a saisi officiellement la médiation qatarie pour dénoncer les risques d'un éventuel changement de Constitution en pleine négociation de paix. Dans une lettre datée du 1er novembre 2026 à Goma, la plateforme demande à Doha d'exiger de Kinshasa une clarification officielle.
La lettre est signée par Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN. Elle a été adressée à la médiation de l'État du Qatar, avec copie notamment au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, au Secrétaire d'État américain, Marco Rubio, et au Conseiller principal pour l'Afrique au Département d'État américain, Massad Boulos. Le FRN y affirme que la question constitutionnelle s'invite désormais au cœur des négociations de Doha et qu'elle pourrait compromettre tout le processus.
Pour étayer son inquiétude, le FRN cite deux déclarations attribuées au président Félix Tshisekedi. Le 24 octobre à Kinshasa, devant les députés et sénateurs, le chef de l'État aurait déclaré : « Je n'aime pas cette constitution et vous le savez tous ». Le 30 octobre à Moscou, devant la diaspora, il aurait ajouté : « voilà pourquoi je suis en train de combattre cette constitution ». Le FRN estime que ces propos traduisent une volonté de remplacer la Constitution en vigueur, alors même que les discussions de paix sont en cours.
La plateforme rappelle que deux textes encadrent le processus de Doha : la Déclaration de principes du 19 juillet 2025 et l'Accord-cadre du 15 novembre 2025. Selon elle, ces deux documents renvoient tous deux à la Constitution en vigueur. Dans cette logique, remplacer la loi fondamentale en pleine négociation pourrait, selon le FRN, faire « s'effondrer » tout le processus. C'est, d'après la plateforme, un risque que la médiation ne peut pas ignorer.
Le FRN formule deux demandes claires à la médiation qatarie : exiger de Kinshasa une « clarification officielle » sur ses intentions concernant la Constitution, et inscrire cette question à l'ordre du jour de la prochaine consultation. La plateforme prévient que si le pouvoir poursuit cette démarche, elle mobilisera « tous les moyens nécessaires pour y faire échec ».
À ce stade, cette démarche repose uniquement sur la lettre du FRN. Kinshasa n'a pas encore réagi à cette lettre.