Le 28 janvier 2026, un glissement de terrain survenu dans la mine artisanale de coltan de Rubaya, territoire de Masisi, a provoqué l’une des pires catastrophes minières de ces dernières années en République démocratique du Congo. Le bilan officiel fait état de plus de 226 morts, parmi lesquels des mineurs artisanaux, des commerçants, des femmes et des enfants.
Face à l’ampleur du drame, Martin Fayulu, président du parti Engagement citoyen pour le développement (ECiDé), a dénoncé le pillage du coltan et l’occupation illégale de Rubaya.
« Des Congolais meurent à cause du pillage du coltan et de l’occupation illégale », a-t-il déclaré, en présentant ses condoléances aux familles endeuillées.
Martin Fayulu a également plaidé pour l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, estimant que la gravité des faits l’exige. Il a enfin appelé à la libération de Rubaya, une zone stratégique régulièrement citée dans les enjeux sécuritaires et économiques de l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié le 31 janvier dernier, le ministère de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a exprimé la solidarité du gouvernement envers les familles des victimes. Mais au-delà de la compassion, Kinshasa dresse un constat sévère : cette tragédie serait la conséquence directe de « l’exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles congolaises orchestrée par le Rwanda et le M23/AFC ».
Ce drame n’est pas isolé. En juin 2025 déjà, plus de 300 civils avaient péri dans des circonstances similaires dans le même périmètre minier. Pour les autorités, ces événements traduisent un schéma récurrent dans lequel des civils sont exposés à des risques extrêmes dans un environnement totalement anarchique.
Le gouvernement rappelle que le périmètre minier de Rubaya est classé « zone rouge » depuis février 2025 par arrêté ministériel, une mesure renouvelée en novembre 2025. Toute activité d’exploitation et de commercialisation des minerais, y compris artisanale, y est formellement interdite.
Le drame de Rubaya illustre la double vulnérabilité des communautés locales : exposées aux catastrophes naturelles par des conditions de travail dangereuses, et prises en étau par l’occupation armée et le pillage des ressources. L’appel de Martin Fayulu à une enquête internationale met en lumière l’urgence d’une réponse politique et sécuritaire pour protéger les populations et restaurer la souveraineté congolaise sur ses richesses.
Roger AMANI
