De violents affrontements sont signalés depuis la matinée de ce samedi 19 septembre 2026 à Point Zéro, dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu.
Des tirs d’armes lourdes et légères sont rapportés dans cette zone stratégique située dans les environs de Minembwe.
Selon des sources locales contactées dans la région, les combats opposent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par des combattants Wazalendo, à des éléments de la coalition AFC/M23 et de ses alliés locaux, notamment Twirwaneho et Red-Tabara.
Les affrontements auraient débuté vers 10 heures. Des bombardements et des tirs nourris auraient été enregistrés autour de plusieurs positions de Point Zéro.
D’après les mêmes sources, les forces soutenant Kinshasa auraient engagé des opérations terrestres accompagnées de tirs d’artillerie afin de tenter de reprendre ou de consolider certaines positions autour de Point Zéro.
Cette zone constitue depuis plusieurs semaines l’un des principaux foyers de combats dans les hauts plateaux de Fizi. Des affrontements y avaient déjà été signalés les jours précédents, notamment autour de Rugezi, Mukoko, Nyaruhinga et d’autres positions proches de Minembwe.
Le 18 septembre, l’AFC/M23 avait affirmé que des attaques avaient été menées contre plusieurs de ses positions, dont Point Zéro, Nyaruhinga, Mukoko et Gipimo, avec notamment de l’artillerie lourde et des drones. Ces affirmations émanaient du porte-parole du mouvement et n’avaient pas pu être vérifiées indépendamment.
Les combats surviennent alors que la situation sécuritaire demeure tendue dans la zone de Minembwe. La société civile de Fizi avait déjà alerté, quelques jours auparavant, sur l’aggravation de la situation dans les Hauts et Moyens Plateaux.
Plusieurs localités, dont Point Zéro, Rugezi, Minembwe, Mukoko, Kanguli et Nakihele, étaient citées parmi les zones affectées par les affrontements. Cette situation avait également perturbé les activités scolaires, médicales et humanitaires dans plusieurs villages.
Les informations disponibles ce samedi font état de nouveaux échanges de tirs autour de Point Zéro.Toutefois, il reste difficile d’établir indépendamment, à ce stade, quelles positions sont effectivement contrôlées par chacune des parties.
Les différentes parties au conflit communiquent par ailleurs des versions contradictoires de la situation militaire sur le terrain.
Ces déclarations nécessitent donc d’être recoupées avant de tirer des conclusions sur l’évolution du front.
Point Zéro occupe une position importante dans cette partie des hauts plateaux du Sud-Kivu. Les combats autour de cette zone s’inscrivent dans une série d’offensives et de contre-offensives qui touchent également les axes de Rugezi, Mukoko, Nyaruhinga et d’autres localités proches de Minembwe.
Des affrontements avaient encore été signalés le 13 septembre autour de Point Zéro, Mikoko et Lukeci, opposant les FARDC et les Wazalendo à des éléments de Twirwaneho et de Red-Tabara présentés par des sources locales comme opérant aux côtés de l’AFC/M23.
Le 19 septembre, la reprise des combats à Point Zéro confirme ainsi la persistance des tensions militaires dans cette partie du territoire de Fizi.
Des conséquences pour les populations
Au-delà des enjeux militaires, la multiplication des affrontements fait peser de nouvelles contraintes sur les populations civiles de la région. Les précédentes violences avaient déjà entraîné des déplacements de populations vers des zones jugées plus sûres et perturbé l'accès aux services essentiels.
La société civile de Fizi avait notamment signalé la suspension de certaines activités humanitaires et médicales ainsi que des difficultés liées à la rentrée scolaire dans plusieurs villages.
Aucun bilan fiable des victimes ou des dégâts matériels liés aux affrontements de ce samedi 19 septembre n’a, à ce stade, été établi de manière indépendante.
La situation reste donc évolutive à Point Zéro et dans les environs de Minembwe, où les échanges de tirs se poursuivent selon les sources locales.
Bubasha djuma Bob
