La province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola. Les autorités sanitaires congolaises ont confirmé 59 cas actuellement pris en charge parmi près de 350 cas suspects recensés dans plusieurs zones de santé de la province.
Selon les services de santé, le bilan provisoire fait également état de 91 décès probables, concernant des personnes ayant présenté des symptômes compatibles avec Ebola avant de décéder sans confirmation biologique.
Face à cette situation préoccupante, le gouvernement congolais a renforcé les dispositifs de riposte afin de limiter la propagation du virus. Deux centres de traitement ont été réhabilités et rééquipés dans les zones de santé de Mungwalu et de Rwampara pour assurer une prise en charge rapide des patients. Ces structures disposent notamment d’unités spécialisées d’isolement et d’équipes médicales formées à la gestion des fièvres hémorragiques virales.
En mission à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, a insisté sur l’importance du renforcement des opérations de terrain, notamment la surveillance épidémiologique, les investigations communautaires et le suivi des contacts.
« Nous intensifions les opérations de terrain pour identifier rapidement les cas suspects, assurer leur isolement et améliorer la prise en charge médicale afin de limiter la propagation du virus », a déclaré le ministre lors de son arrivée à l’aéroport national Murongo de Bunia.
Les autorités sanitaires appellent la population au calme et demandent aux communautés de collaborer étroitement avec les équipes de riposte déployées dans les zones touchées. Le gouvernement rappelle également que la maladie peut être maîtrisée grâce à la détection précoce des cas et au respect strict des mesures sanitaires.
Malgré cette résurgence de l’épidémie, les établissements scolaires restent ouverts dans l’ensemble de la province. Toutefois, les autorités imposent le respect des mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains, le port du masque dans les zones à risque et le signalement rapide de tout symptôme suspect auprès des structures sanitaires.
Cette nouvelle alerte sanitaire intervient dans un contexte sécuritaire fragile marqué par des déplacements massifs de populations, une situation qui complique davantage les efforts de surveillance et de contrôle de l’épidémie.
Selon des sources sanitaires, les équipes du ministère de la Santé, appuyées par plusieurs partenaires nationaux et internationaux, poursuivent activement les campagnes de sensibilisation, la mobilisation communautaire ainsi que le suivi des contacts afin d’éviter une propagation à grande échelle du virus.
Hervé Kasamba
