Quinze ans après sa dernière apparition en Ligue des champions, Lupopo joue bien plus qu’un simple match face au MC Alger ; c’est une bataille pour son avenir continental, son prestige et son identité sportive.
Fort d’un large succès en championnat national (4-0) contre l’AS Saint-Luc de Kananga le mercredi 21 janvier, le technicien congolais Guy Bukasa et ses poulains se préparent à un match crucial ce dimanche 25 janvier 2025 au stade Mazembe de Kamalondo. Ils affronteront le Mouloudia Club d’Alger dans le cadre de la 3e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions de la CAF. Bien plus qu’un simple affrontement, cette rencontre pourrait bien sceller le destin de leur campagne africaine.
Après deux journées, Lupopo et le MC Alger comptent chacun un point, tandis que Mamelodi Sundowns et Al Hilal mènent le groupe avec quatre unités. Une victoire permettrait aux Jaune et Bleu de Lubumbashi de reprendre l’initiative et de mettre la pression sur leurs concurrents, alors qu’un match nul ou une défaite compliquerait leur qualification.
Les atouts et défis de Lupopo
Les atouts de Lupopo sont tangibles. Une équipe en confiance, des cadres expérimentés comme Kashala Wanet, Douhadji, Kimputu ou encore Mpweto, et un public fidèle. La discipline défensive, la vitesse de transition et l’exploitation des coups de pied arrêtés seront déterminantes pour renverser un MC Alger réputé solide tactiquement.
Mais les défis sont tout aussi réels. L’équipe doit apprendre à gérer ses temps faibles, éviter les pertes de concentration et maintenir une intensité constante sur 90 minutes. Face à un adversaire habitué aux joutes continentales, la moindre erreur pourrait coûter très cher aux Cheminots.
Le milieu de terrain, véritable champ de bataille
C’est dans l’entrejeu que se jouera une grande partie du destin de Lupopo. Joseph Douhadji et Junior Mavungu auront la lourde responsabilité de contrôler la circulation du ballon et de couper les lignes de passes adverses. Leur rôle ne se limite pas à la récupération : ils devront aussi assurer la première relance, orienter le jeu et créer des décalages pour alimenter les attaquants.
Le MC Alger, fort de son expérience continentale, cherchera à imposer un pressing haut et à verrouiller cette zone stratégique. Si Lupopo parvient à résister et à transformer ses récupérations en transitions rapides, l’équipe pourra exploiter la vitesse de Kashala Wanet et la créativité de Kimputu. En revanche, une domination algérienne au milieu obligerait les Cheminots à subir et à défendre bas, réduisant leurs chances de surprendre.
Le facteur psychologique
Sur le plan mental, l’expérience et la motivation des Cheminots sont des moteurs. Après 15 ans d’absence en Ligue des champions, chaque match est l’occasion de réaffirmer leur stature continentale. Une victoire ce dimanche ne serait pas seulement un résultat, mais un message fort que Lupopo est de retour et prêt à écrire une nouvelle page de son histoire africaine.
Le public de Lubumbashi, même au stade Mazembe, jouera un rôle crucial. La ferveur des supporters peut galvaniser les joueurs et créer une atmosphère électrique. Guy Bukasa et son staff technique devront canaliser cette énergie pour éviter que la pression ne se transforme en nervosité.
Lecture stratégique du groupe
Avec un seul point, Lupopo doit impérativement battre le MC Alger pour rester en course. Les confrontations futures contre Mamelodi Sundowns et Al Hilal s’annoncent redoutables. Ce match est donc le véritable tournant de la campagne.
Le scénario idéal est clair ; Une victoire contre le MC Alger relancerait totalement la dynamique et mettrait la pression sur les leaders du groupe. À l’inverse, un faux pas compliquerait sérieusement les calculs et réduirait les marges de manœuvre.
En définitive, Lupopo se trouve à un carrefour de son histoire. Entre la nécessité de prouver sa valeur après une longue absence, l’envie de rivaliser avec les géants du continent et l’espoir de donner une nouvelle dimension à son projet sportif, le match contre le MC Alger est bien plus qu’une simple rencontre de phase de groupes. C’est un test de maturité, un révélateur de potentiel et peut-être le début d’une renaissance continentale.
Elie KANYEMBA
