À Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, la situation sanitaire au marché Nganda-Makala devient de plus en plus préoccupante. Exaspérés par l’accumulation des déchets et le manque d’intervention des autorités, les vendeurs de ce petit marché ont exprimé leur ras-le-bol ce dimanche 12 avril 2026.
Situé à la bifurcation des avenues de l’Hôpital et du Cimetière, le marché Nganda-Makala est aujourd’hui envahi par des tas d’immondices qui dégagent des odeurs nauséabondes. Dans cet environnement insalubre, les commerçants affirment exercer leurs activités dans des conditions extrêmement difficiles, exposés en permanence à des risques sanitaires, notamment des maladies d’origine hydrique.
« Monsieur le journaliste, vous voyez vous-même cette colline d’immondices. Si vous vous en approchez, vous ne supporterez pas l’odeur. Nous travaillons ici pour subvenir aux besoins de nos familles, mais nous tombons malades à cause de cette situation », témoigne un vendeur, visiblement indigné.
Au cœur de la contestation, le service communal chargé de l’évacuation des déchets est pointé du doigt. Les vendeurs dénoncent une absence d’action concrète de la part de la mairie, malgré le paiement régulier des taxes exigées.
« Nous payons toujours, mais nous ne voyons aucune amélioration. Où vont ces fonds ? », s’interrogent-ils.
Face à cette insalubrité persistante, les commerçants appellent les autorités politico-administratives à prendre des mesures urgentes pour assainir ce marché, fréquenté quotidiennement par de nombreux habitants. Ils recommandent notamment la mise en place d’un système efficace de gestion des déchets, avec des agents affectés de manière permanente à cette tâche.
Par ailleurs, ils suggèrent que les journées de travaux communautaires, connues sous le nom de « Salongo », soient mises à profit pour nettoyer en profondeur ce site devenu un véritable point noir en matière d’hygiène urbaine.
En attendant une réaction des autorités locales, les vendeurs du marché Nganda-Makala continuent de travailler dans un environnement dégradé, au péril de leur santé et de celle de leurs clients. Une situation qui relance le débat sur la gestion des déchets et l’assainissement dans les villes de la République démocratique du Congo.
Souleymane Nvenimbi, depuis Gemena
