La ville de Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, a connu ce mercredi 22 avril 2026 une paralysie quasi totale de ses activités économiques. À l’appel des opérateurs économiques, une journée « ville morte » a été observée, accompagnée d’une marche pacifique à travers les principales artères de la ville.
À l’origine de ce mouvement, la recrudescence des actes d’insécurité visant particulièrement les commerçants, les cambistes et d’autres acteurs du secteur informel. Selon ces derniers, en moins d’un mois, plusieurs cas de braquages ont été enregistrés, alimentant un climat de peur et d’incertitude qui freine considérablement les activités commerciales.
Le cas le plus récent remonte au mardi 21 avril 2026, lorsqu’un cambiste a été attaqué par des hommes armés, qui ont réussi à s’emparer d’une importante somme d’argent. Un incident de plus qui a visiblement été la goutte d’eau ayant conduit à la mobilisation des opérateurs économiques.
Dans un mémorandum lu devant le gouverneur intérimaire de la province, les manifestants n’ont formulé qu’une seule revendication : le rétablissement de la sécurité. Ils estiment que sans garanties sécuritaires, aucune relance économique durable n’est envisageable dans la ville.
Cette journée de protestation a été largement suivie. Aucun commerce, qu’il soit tenu par des nationaux ou des expatriés, n’a ouvert ses portes, illustrant l’ampleur du malaise et la détermination des opérateurs économiques à se faire entendre.
Face à cette situation préoccupante, le gouverneur intérimaire du Sud-Ubangi a annoncé une série de mesures visant à endiguer l’insécurité. Parmi celles-ci, l’installation de barrières de contrôle aux entrées et sorties de la ville afin de mieux surveiller les mouvements et dissuader les criminels.
Cependant, pour une grande partie de la population, ces mesures restent insuffisantes au regard de la gravité de la situation. Beaucoup dénoncent une absence effective de l’autorité de l’État et appellent à des actions plus concrètes et durables pour restaurer la sécurité.
En attendant, la psychose persiste à Gemena, où la relance des activités économiques demeure suspendue à une amélioration significative de la situation sécuritaire.
Souleymane NVENIMBI
