À Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, le climat social est sous tension entre les ouvriers de la société Immobilier Serge Kassanda (IMMOSERKAS) et les responsables de cette entreprise chargée des travaux de modernisation de la voirie urbaine.
En ce 1er mai 2026, à l’occasion de la Journée internationale du travail, les ouvriers ont décidé de hausser le ton. Ils dénoncent trois mois d’arriérés de salaires et conditionnent toute reprise des activités au paiement intégral de leurs dus.
« Nous sommes fatigués des promesses chimériques. Nos chefs sur place nous relaient des messages mensongers, prétendant qu’ils viennent du numéro un de la société et annonçant un paiement imminent. Mais rien de concret. Cette fois-ci, nous voulons voir clair, car trop, c’est trop », ont déclaré plusieurs travailleurs rencontrés sur le site.
Face à ces accusations, les responsables locaux de l’entreprise n’ont pas souhaité s’exprimer, laissant planer des zones d’ombre sur les raisons de ce blocage.
Cette situation impacte directement la vie des ménages des ouvriers, contraints de faire face à des difficultés financières croissantes. Elle compromet également l’avancement du projet de modernisation de la voirie de Gemena.
Prévu pour une durée de 18 mois, ce projet ambitieux devait couvrir 11,5 kilomètres de routes urbaines. Cependant, plus de trois ans après son lancement, aucun kilomètre n’a encore été asphalté, selon les constats des travailleurs.
Entre revendications salariales et retards accumulés, l’avenir de ce chantier d’infrastructure reste incertain. Les ouvriers, eux, maintiennent la pression et exigent des réponses concrètes avant toute reprise des travaux.
Souleymane Nvenimbi
