À l’ouverture du 9ᵉ round de négociations ce lundi 13 avril 2026 à Genève, la composition de la délégation liée à la rébellion du M23 suscite de nombreuses interrogations. En particulier, la présence de Claude Ibalanky Ekolomba, ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et ex-envoyé spécial du président Félix Tshisekedi, marque les esprits.
Selon un document de l’AFC/M23 et signé par Bertrand Bisimwa, six délégués principaux sont appuyés par une équipe de six experts. Parmi ces derniers, plusieurs profils présentent des parcours internationaux ou issus de la diaspora congolaise, notamment avec des passeports canadien et suisse, ou des résidences en Europe et aux États-Unis.
Cette configuration ne semble pas fortuite. Elle traduit une volonté manifeste de donner au mouvement une apparence plus politique et technocratique, loin de l’image d’un simple groupe armé. En mettant en avant des figures congolaises ou d’origine congolaise, certaines ayant occupé des fonctions au sein de l’État, le M23 cherche à s’inscrire dans une logique de représentation nationale.
Dans ce contexte, la mise en avant de profils congolais dans les négociations apparaît comme une tentative de repositionnement narratif : faire passer une rébellion dont les faits documentés montre un soutien avéré du Rwanda pour une crise interne à la République démocratique du Congo.
Derrière les discussions de Genève, c’est donc aussi une bataille de perception qui se joue. En cherchant à “congoliser” son image, le M23 avec l’appui de Kigali tente de peser sur l’opinion internationale et d’influencer le cadre même des négociations.
Daniel Michombero
