Goma traverse une nouvelle séquence de deuil et d’inquiétude. En l’espace de quelques jours, deux décès tragiques celui d’une femme à son domicile et celui d’un étudiant de l’ISTA-Goma ravivent les craintes liées à l’insécurité persistante dans la ville.
Le dimanche 25 janvier au matin, une femme d’environ 54 ans, identifiée comme Chekasana Justine, a été abattue par balle à son domicile du quartier Kasika, dans la commune de Karisimbi, à proximité de la chapelle de la 8ᵉ CEPAC Baraka. Selon des témoins, des hommes armés en tenue militaire se sont introduits dans sa maison aux environs de 4 heures avant de l’exécuter sur place. Les circonstances exactes de cet acte n’ont pas encore été officiellement établies.
Ce drame survient quelques jours après un autre événement qui endeuille la communauté académique. Le corps de Ajabu Mugisa Franck, étudiant en classe préparatoire à l’ISTA-Goma (promotion 2025-2026), a été retrouvé sans vie derrière le campus, à environ 50 mètres de la concession. Porté disparu depuis le samedi soir, le jeune homme s’était, selon ses proches, rendu vers Bulengo, un jour sans activités académiques. Le Comité estudiantin de l’ISTA-Goma a confirmé le décès et appelé au recueillement, exprimant ses condoléances à la famille et aux camarades de l’étudiant.
Dans un contexte déjà tendu, le Conseil des jeunes de la commune de Karisimbi a fermement condamné ces violences. Il rappelle qu’un jeune homme avait également été tué le lundi 19 janvier au quartier Virunga, attribuant cet acte à un élément de la rébellion AFC/M23. Le Conseil dénonce des tentatives de justification « sans fondement » circulant sur les réseaux sociaux, selon lesquelles certaines victimes seraient des délinquants. « C’est un mensonge notoire », insiste-t-il.
L’organisation alerte en outre sur des traitements jugés “inhumains et dégradants” infligés à des jeunes depuis l’occupation de Goma par l’AFC/M23 et appelle la rébellion à cesser immédiatement ces actes, tout en exhortant au respect de la vie humaine et à la sécurisation des personnes et de leurs biens.
Par Daniel Michombero
