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POLITIQUE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Vendredi 17 juillet 2026

Nombre de lectures: 137

Guerre à l'Est : Le Conseil de sécurité sanctionne Corneille Nangaa et élargit son action à tout l'Est de la RDC

Le 14 juillet, le Comité des sanctions 1533 du Conseil de sécurité de l'ONU a frappé fort en RDC. Six individus et deux entités ont été ajoutés à sa liste noire. Si l'inscription de Corneille Nangaa était attendue, la liste révèle une volonté de ne plus limiter la crise de l'Est au seul dossier M23.

C'était le nom le plus attendu. Corneille Nangaa, leader de l'Alliance Fleuve Congo/M23, est désormais officiellement sous sanctions onusiennes. Il est accompagné sur la liste par John Imani Nzenze, présenté par le Comité comme chef du renseignement du M23.

C'est la suite de la liste qui marque un tournant. Le Conseil de sécurité a en effet choisi de sanctionner simultanément d'autres foyers d'insécurité, souvent relégués au second plan médiatique. Deux commandants des Forces démocratiques de libération du Rwanda, Sébastien Uwimbabazi et Gustave Kubwayo, ont été inscrits. Le Comité a également ajouté Muhammed Lumisa, désigné comme responsable de la logistique extérieure des Forces démocratiques alliées, le groupe armé d'origine ougandaise très actif en Ituri.

Fait le plus significatif, le groupe Twirwaneho, actif dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu et généralement associé à la communauté Banyamulenge, est sanctionné en tant qu'entité, tout comme son commandant Charles Sematama. L'ONU lui reproche des exactions contre les civils et le recrutement d'enfants, dans une région où les violences intercommunautaires restent largement sous-médiatisées par rapport à l'offensive du M23 au Nord-Kivu.

Au total, ce sont quatre mouvements armés distincts, opérant dans trois provinces différentes, Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu, qui sont visés en même temps. Par ce train de sanctions groupées, le Conseil de sécurité envoie un signal clair : sa lecture de la crise congolaise ne se résume plus au face-à-face entre Kinshasa et le tandem AFC/M23 - Rwanda qui domine l'agenda diplomatique. Il reconnaît une déstabilisation plus globale, multiforme et profondément enracinée de tout l'Est de la RDC.


Roger AMANI

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Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Vendredi 17 juillet 2026

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