L'éclaircie aura été de courte durée au sein de l'Action pour la Rupture et le Développement. Au lendemain de l'annonce par le camp de Jacques Kyabula Katwe d'un jugement du Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi le confirmant comme seul président national légal du parti, le camp adverse apporte un démenti cinglant.
Dans une mise au point parvenue à notre rédaction ce 07 août, le camp de John Kaswamanga affirme qu'aucune décision définitive n'a été rendue dans le contentieux qui l'oppose à Jacques Kyabula Katwe. Selon lui, le jugement du TGI de Lubumbashi, rendu le 29 juillet 2026, a été immédiatement frappé d'appel, ce qui, en droit congolais, suspend ses effets.
Le dossier serait désormais pendant devant la Cour d'appel du Haut-Katanga, seule juridiction habilitée à se prononcer en dernier ressort sur cette affaire avant un éventuel pourvoi en cassation.
Pour le camp Kaswamanga, la réalité juridique et administrative n'a donc pas changé. John Kaswamanga demeure, selon ce camp, le président du comité provisoire reconnu par le ministère de l'Intérieur. Une reconnaissance matérialisée par la lettre N°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/DC/JBI/KMJ/0662/2026 du 6 juillet 2026, signée par le directeur de cabinet du vice-premier ministre ministre de l'Intérieur, prenant acte de la désignation des animateurs provisoires à la suite du désaveu de Jacques Kyabula par une partie de la base.
Cette nouvelle sortie replonge l'ARDEV dans une crise de légitimité à deux têtes. D'un côté, une légitimité judiciaire de première instance revendiquée par le camp Kyabula, qui se prévaut du respect des statuts du parti. De l'autre, une légitimité administrative et politique revendiquée par le camp Kaswamanga, qui met en avant la reconnaissance du ministère de l'Intérieur et l'effet suspensif de l'appel.
En attendant que la Cour d'appel du Haut-Katanga tranche, le parti cher à l'ancien gouverneur du Haut-Katanga reste fracturé, avec deux directions qui revendiquent chacune le contrôle des attributs, du siège et de l'avenir politique de l'ARDEV au sein de l'Union Sacrée de la Nation.
Roger AMANI
