Trois semaines après la démission de Jacques Kyabula, la succession au gouvernorat du Haut-Katanga anime déjà les états-majors politiques. Plusieurs sources concordantes indiquent que l’ancien directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP), Miguel Kashal, pourrait être désigné candidat de l’Union sacrée de la Nation à l’élection du prochain gouverneur.
Selon ces sources, le choix du président Félix Tshisekedi se serait porté sur l’ancien ministre provincial des Infrastructures en raison du « travail jugé remarquable » qu’il a accompli à la tête de l’ARSP durant son mandat. À ce poste, Miguel Kashal s’était illustré par une application rigoureuse de la loi sur la sous-traitance, une politique qui lui avait valu un soutien notable dans les milieux économiques et politiques du Katanga.
Un autre signal a renforcé les spéculations autour de sa candidature : sa récente mobilisation au bâtiment du 30 Juin à Lubumbashi. L’événement, présenté comme une présentation du bilan de sa gestion à l’ARSP, a rassemblé plusieurs milliers de militants issus de formations politiques de différentes tendances. Pour ses partisans, cette démonstration de force témoigne de sa capacité à fédérer au-delà de son camp d’origine.
Pour plusieurs observateurs, le profil de Miguel Kashal permettrait d’assurer la continuité de la gestion de cette province stratégique pour l’économie nationale, tout en maintenant la dynamique politique actuelle. Certains y voient également un atout pour porter la campagne en faveur d’un éventuel changement de la Constitution, sujet qui divise la classe politique depuis plusieurs mois.
Toutefois, le consensus n’est pas total au sein de l’Union sacrée. Des indiscrétions évoquent une autre option : la confirmation de l’actuel gouverneur intérimaire, Martin Kazembe. D’après ces sources, il pourrait être aligné comme candidat avec une femme au poste de vice-gouverneur, une formule qui viserait à promouvoir la représentativité féminine à la tête de la province.
En attendant l’officialisation des candidatures par la CENI, les tractations se poursuivent à Kinshasa comme à Lubumbashi. L’enjeu est de taille : le Haut-Katanga, poumon minier de la RDC, reste une province clé pour l’équilibre politique et économique du pays.
Roger AMANI
