Une scène d’horreur a secoué la cité frontalière de Kasumbalesa, dans le Haut-Katanga. Treize corps sans vie ont été découverts ce mercredi 17 décembre dans le quartier Whisky, une zone reculée située à environ 7 kilomètres du centre-ville. Parmi les victimes, quatre ont été identifiées comme des motocyclistes, une autre comme une femme, tandis que plusieurs dépouilles étaient en état avancé de décomposition, certaines réduites à l’état de squelettes.
L’alerte a été donnée par un motocycliste agressé sur les lieux par des individus armés. Étranglé et laissé pour mort, il a survécu à l’attaque et a pu alerter les autorités. Les assaillants ont emporté sa moto, révélant ainsi l’existence de ce site macabre.
La nouvelle a provoqué une onde de choc dans la population locale. Badibanga Badive, président de l’Association des motocyclistes de Kasumbalesa, a dénoncé ces actes barbares et appelé les autorités à renforcer la sécurité dans la région. « Trop, c’est trop. Nos membres sont devenus des cibles faciles. Il faut des mesures urgentes », a-t-il déclaré.
Le maire de Kasumbalesa, Maître André Kapampa, a confirmé les faits sur les ondes de Top Congo FM. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête par le parquet pour identifier les auteurs de ces crimes. Un conseil urbain extraordinaire de sécurité s’est tenu ce mercredi sous sa présidence afin de définir des mesures immédiates de prévention.
Selon Manassé Von Lili, assistant du maire, plusieurs décisions ont été prises, notamment:
- L’identification systématique des motocyclistes;
- L’interdiction de circuler seul sur de longues distances;
- L’obligation de se faire photographier avec le client pour les trajets jugés à risque;
- L’interdiction de consommer des aliments ou boissons offerts par les passagers;
- Le respect strict des heures de service;
- Une collaboration renforcée avec les autorités judiciaires pour signaler toute personne suspecte.
La venue prochaine du gouverneur intérimaire dans la cité est également annoncée, signe de la gravité de la situation.
Alors que l’enquête suit son cours, les habitants de Kasumbalesa réclament justice et des actions concrètes pour mettre fin à l’insécurité qui gangrène cette zone frontalière, devenue ces derniers mois le théâtre de violences récurrentes.
Roger AMANI
