Ngangazo, localité paisible de la chefferie Mari-Minza dans le territoire de Watsa, a été secouée dans la soirée du dimanche 9 janvier 2026 par une scène inhabituelle : deux policiers congolais se sont violemment disputés le contrôle d’un site minier exploité par des ressortissants chinois, provoquant une vive tension et des tirs nourris qui ont semé la panique au sein de la population locale.
Selon plusieurs témoins, les deux agents de la Police nationale congolaise (PNC), chacun prétendant être le commandant légitime du site, ont échangé des propos houleux qui ont rapidement dégénéré. Des tirs à balles réelles ont retenti, plongeant les habitants dans la peur, certains croyant à une attaque de groupes armés. La situation a paralysé temporairement les activités dans la zone.
Face à cette situation, Célestin Kolongbe, coordonnateur de la société civile locale, a vivement réagi. Dans une déclaration ferme, il a condamné ce comportement qu’il qualifie « d'irresponsable et dangereux », rappelant que les armes confiées aux forces de l’ordre sont destinées à la protection des civils, et non à des querelles de pouvoir.
« Je condamne fermement cet acte et j’appelle à l’ouverture d’une procédure judiciaire afin d’établir les responsabilités et de sanctionner sévèrement la dissipation de munitions de guerre, conformément au Code pénal militaire », a-t-il insisté.
Informée de la situation, la hiérarchie policière a rapidement réagi. Les deux policiers impliqués ont été mis aux arrêts en attendant l’ouverture d’une enquête, ont confirmé des sources sécuritaires. Les autorités promettent des sanctions exemplaires contre les fauteurs de troubles dans les rangs de la PNC.
Cet incident met en lumière les tensions croissantes autour des sites miniers exploités par des étrangers, souvent sources d’enjeux économiques et d’intérêts conflictuels dans plusieurs provinces de la RDC. Il relance également le débat sur la discipline au sein des forces de l’ordre et la nécessité d’un encadrement rigoureux de leurs missions, particulièrement dans les zones sensibles.
Élysée Katoto
