Dans un contexte de tensions croissantes en Iran, marqué par une vague de manifestations et de troubles à travers plusieurs villes du pays, le président iranien Massoud Pezeshkian est monté au créneau ce dimanche 11 janvier pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manœuvres d’ingérence étrangère » visant à déstabiliser la République islamique.
S'exprimant dans une allocution relayée par le média russe Russia Today (RT), le chef de l’État iranien a pointé du doigt les États-Unis et Israël, les accusant d’orchestrer les troubles en cours à travers des relais internes infiltrés parmi les manifestants. Selon lui, ces puissances étrangères exploiteraient les difficultés socio-économiques du pays pour affaiblir l’unité nationale et provoquer l’effondrement du régime.
« Nous écouterons les revendications socio-économiques, mais nous ne céderons pas aux violences », a martelé Massoud Pezeshkian, soulignant la différence entre les manifestations pacifiques et les actes de sabotage ciblant les infrastructures publiques, les bâtiments administratifs et les forces de l’ordre.
Les récentes mobilisations, déclenchées par la montée du chômage, la dévaluation du rial, les coupures d’électricité répétées et la flambée des prix, ont dégénéré dans certaines régions du pays. Des affrontements violents ont été signalés notamment à Ispahan, Shiraz, Ahvaz et dans certaines zones périphériques de Téhéran. Plusieurs postes de police et édifices publics auraient été attaqués, selon les autorités.
Face à cette situation explosive, le président Pezeshkian a tenté de jouer l’équilibre entre fermeté et ouverture. Il a assuré que le gouvernement reste engagé à répondre aux préoccupations légitimes de la population, notamment sur les plans économique et social, mais a averti que toute tentative de « déstabilisation soutenue de l’extérieur » ferait l’objet d’une réponse ferme des institutions de sécurité et de défense.
Dans une posture de dialogue, le chef de l’État a également invité les manifestants à ne pas se laisser manipuler par des « forces extérieures » et à exprimer leurs revendications dans le cadre des lois en vigueur. « Les réformes se font dans la stabilité, pas dans le chaos », a-t-il insisté.
Cette déclaration présidentielle intervient alors que plusieurs analystes et chancelleries occidentales s’inquiètent d’une possible radicalisation de la réponse sécuritaire en Iran. Certains craignent une répression similaire à celle de 2019, où des centaines de morts avaient été enregistrés après la flambée des prix du carburant.
Sur le plan international, les propos du président iranien pourraient également tendre davantage les relations entre Téhéran, Washington et Tel-Aviv, déjà détériorées par les désaccords persistants sur le dossier nucléaire, les sanctions économiques et les tensions régionales au Moyen-Orient.
Enfin, dans un appel solennel, Massoud Pezeshkian a exhorté la jeunesse iranienne à préserver l’unité nationale et à participer aux efforts de relèvement économique, promettant des « réformes audacieuses » dans les mois à venir pour améliorer le quotidien des Iraniens.
