Le transfert à Kinshasa du président de l’Union des Associations culturelles de l’Ituri (UNADI), Michel Meta Wani, suscite une vive inquiétude au sein de sa famille. Dans une interview exclusive accordée à Expressmedias.net ce lundi 20 janvier 2026 à Bunia, son épouse, Madame Kazigala Kabesibwa Jeanne, dit être sans nouvelles de son mari depuis plusieurs jours et appelle les autorités congolaises à faire preuve de clémence.
Selon elle, Michel Meta Wani est porté disparu depuis le jeudi 15 janvier dernier. « Mon mari est porté disparu depuis jeudi 15 janvier. Je n’ai aucune information sur l’endroit où il se trouve ni sur son état de santé », s’est-elle inquiétée, soulignant l’angoisse grandissante de la famille face à ce silence.
Appel aux organisations de défense des droits de l’homme
Face à cette situation, Madame Kazigala Jeanne lance un appel pressant aux organisations de défense des droits de l’homme, ainsi qu’à la MONUSCO, afin qu’elles s’impliquent dans ce dossier. Elle sollicite leur intervention pour obtenir des informations claires sur le lieu de détention de son mari et les raisons exactes de son interpellation.
« J’exhorte la MONUSCO à m’aider dans la recherche de Michel et, au besoin, à s’investir urgemment pour obtenir sa libération, car son état de santé n’est pas bon », a-t-elle déclaré.
Elle appelle également les 21 communautés de l’Ituri à l’unité et à la mobilisation afin de connaître le sort réservé à leur président. « Je lance un appel pressant aux 21 communautés de l’Ituri pour qu’elles s’unissent et se mobilisent afin de savoir où est détenu leur président, qui a servi cette province à la tête de l’UNADI », a-t-elle ajouté.
Un mea culpa et une demande de pardon
Consciente des éventuels dérapages dans certaines interventions médiatiques de son époux, Madame Kazigala Kabesibwa Jeanne a présenté ses excuses aux autorités compétentes. Elle a plaidé pour la libération de Michel Meta Wani, invoquant la situation familiale et l’inquiétude de leurs enfants.
« Consciente de l’imperfection de l’homme, peut-être que Michel a commis des fautes dans ses propos. Je demande pardon en son nom à tous ceux qui se sont sentis lésés et je plaide pour sa libération, car ses enfants s’inquiètent de l’absence de leur père à la maison depuis plusieurs jours », a-t-elle conclu.
Pour rappel, Michel Meta Wani a été interpellé le 15 janvier dernier par des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR), à la suite d’une sortie médiatique jugée controversée. Il y appelait notamment les autorités congolaises à dialoguer directement avec Thomas Lubanga, chef de file de la CRP en exil en Ouganda, afin de trouver une solution à la crise sécuritaire persistante dans le territoire de Djugu.
Selon des informations parvenues à notre rédaction, le président de l’UNADI aurait été transféré à Kinshasa le dimanche 18 janvier pour la poursuite de son dossier. Jusqu’à présent, aucune communication officielle des autorités militaires ou sécuritaires n’a été faite pour éclairer l’opinion publique, tandis que plusieurs structures citoyennes expriment leur impatience de connaître les véritables motifs de son interpellation.
