Dans le territoire de Mambasa, une cité située à l'ouest de Bunia, à environ 174 km en Ituri, les forces vives ont décrété trois jours de « ville morte », du mercredi 13 au vendredi 15 août 2025.
Cette initiative vise à protester contre la montée en flèche de l'insécurité et du banditisme qui gangrènent la cité.
Selon son coordinateur, Yuma Imurani, cette décision radicale fait suite à une série d'incidents violents qui ont semé la peur et la consternation parmi les habitants.
« Nous avons recensé au moins 28 cas de banditisme à main armée au cours des deux derniers mois », a-t-il déclaré lors d'un entretien avec la presse locale, le lundi 11 août dernier.
Ce chiffre alarmant témoigne de la détérioration rapide de l'ordre public.
Le mouvement de protestation vise non seulement à alerter l'opinion publique, mais aussi à dénoncer l'inaction des autorités locales. M. Imurani a critiqué l'incompétence de certains dirigeants et a exigé leur démission immédiate.
« Nous exigeons le remplacement des services de sécurité locaux, censés protéger la population et ses biens, qui sont incapables d'assurer la sécurité de notre communauté », a-t-il martelé, visiblement exaspéré par ce qu'il qualifie de laxisme des autorités.
Cette initiative de la société civile, soutenue par plusieurs autres structures locales, a pour objectif de pousser les autorités à prendre des mesures concrètes et urgentes pour mettre un terme à l'insécurité.
Il est également important de noter que le territoire de Mambasa fait face aux activités des rebelles ADF, qui tuent, pillent et procèdent à des enlèvements de civils vers des destinations inconnues. Cette situation aggrave le sentiment d'insécurité et la vulnérabilité de la population.
Hervé Kasamba
