La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, fait face à une grave crise humanitaire. Plus de 15 000 personnes déplacées, principalement des femmes et des enfants, dorment dans les rues.
Ces familles ont fui les opérations militaires menées par l'armée congolaise (FARDC) contre les groupes armés dans les localités d'Iga Barrière et de Lopa, mais n'ont trouvé aucune aide à leur arrivée.
Les déplacés survivent dans des conditions inhumaines, exposés à la faim, au froid et à la maladie. Le porte-parole de l'Association des déplacés victimes de guerre en Ituri (ADVG), Olivier Bavi Karba, a lancé un cri d'alarme, soulignant que "la cité des déplacés est étouffée, et même dans les familles d'accueil, il n'y a plus de place". Il a appelé à une intervention urgente du gouvernement et des organisations humanitaires.
La situation met en évidence la responsabilité de l'État congolais. Protéger les citoyens ne se limite pas aux opérations militaires, cela inclut aussi de garantir leur sécurité et leur survie lorsqu'ils sont forcés de fuir. L'inaction du gouvernement face à cette détresse humanitaire est perçue comme un signe d'indifférence, ce qui pourrait ternir l'image des autorités.
Au-delà des chiffres, il y a des vies humaines en jeu. La situation des enfants affamés, des mères démunies et des personnes âgées vulnérables montre que l'écart entre les promesses de paix et la réalité des souffrances quotidiennes est profond. Une mobilisation urgente des autorités et des partenaires humanitaires est nécessaire pour apporter de l'aide à ces milliers de personnes qui attendent de l'espoir dans les rues de Bunia.
Hervé Kasamba
