Dans la nuit de jeudi à vendredi 03 octobre, un nouveau drame humanitaire a frappé la localité de Gina, située à une quarantaine de kilomètres de Bunia, dans la province de l’Ituri. Plus de 2 500 civils, dont près de 1 200 femmes et plus de 500 enfants, ont fui leurs villages après de violents tirs qui ont éclaté peu avant la tombée de la nuit, semant une panique généralisée.
Les habitants des villages de Panga Panga, Tsuru et Liko, déjà éprouvés par les affrontements répétés entre l’armée congolaise et des milices locales, ont abandonné leurs foyers pour se rassembler autour de la base de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO). Considérée comme un refuge sûr, cette base a accueilli hommes, femmes et enfants exténués. Certains ont trouvé abri dans des salles de classe, tandis que d’autres ont passé la nuit dehors, sous la vigilance des Casques bleus népalais.
Face à cette situation, la Monusco a immédiatement renforcé son dispositif sécuritaire. Une patrouille statique, appuyée par un véhicule tactique, a été déployée aux abords de la base afin d’assurer la protection des déplacés. Dans le même temps, une patrouille nocturne a sillonné le centre de Gina, en couvrant notamment l’hôpital, l’école et les quartiers voisins, pour dissuader toute tentative d’incursion des miliciens.
Ce vendredi matin, le calme semblait revenir progressivement, grâce à la présence renforcée des forces onusiennes. Cependant, la peur reste vive parmi les déplacés, qui redoutent de nouvelles violences. Fatigués par des déplacements à répétition, beaucoup s’interrogent sur leur avenir et plaident pour une protection plus durable afin de retrouver une vie digne et sécurisée dans leur région meurtrie.
Pascal Nduyiri
