L'enquête sur l'assassinat d’un journaliste de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) en Ituri a connu un tournant décisif ce mardi 13 janvier avec la présentation publique de plusieurs suspects, parmi lesquels figurent des militaires, aux autorités provinciales.
C’est lors d’une brève cérémonie au gouvernorat de province que le commissaire provincial de la police nationale congolaise (PNC), le général Séguin Ngoy Sengelwa, a officiellement présenté les personnes interpellées au gouverneur de l’Ituri.
« Il y a quelques semaines, la ville a été secouée par la mort d’un journaliste, ce qui a provoqué une grande émotion dans la profession et au sein de la population. L’enquête a permis d’arrêter d’abord quatre suspects, avant de remonter à une dizaine de personnes impliquées dans ce dossier », a indiqué le commissaire.
Les suspects arrêtés comprennent à la fois des civils et des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC), ce qui laisse entrevoir une possible implication de membres des forces de sécurité dans ce crime, dont les motivations exactes ne sont pas encore officiellement établies.
La société civile et les organisations de défense des droits humains en Ituri appellent désormais à une justice exemplaire. Des voix s’élèvent également pour exiger une meilleure protection des journalistes dans cette région instable, marquée par les conflits armés et les tensions intercommunautaires.
« Ce n’est pas seulement un crime contre un journaliste, c’est une attaque contre la liberté de la presse. Nous attendons que toute la lumière soit faite », a déclaré un responsable local de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).
Les suspects seront traduits en justice dans les prochains jours, selon les autorités judiciaires.
Ce dossier remet en lumière les risques auxquels sont confrontés les professionnels des médias en RDC, notamment dans les provinces à hauts risques comme l’Ituri.
