En réponse aux défis persistants liés à la pauvreté, au chômage et aux conséquences de l’exploitation minière artisanale en Ituri, le Fonds National de Promotion et de Service Social (FNPSS) a lancé ce vendredi 15 Mai à Bunia un vaste plan social provincial destiné à améliorer durablement les conditions de vie des populations locales.
Présenté au cours d’une conférence de presse en présence des autorités provinciales, ce programme ambitieux a été dévoilé par l’Administrateur Directeur Général du FNPSS, Alice Mirimo Kabetsi. Validé depuis 2024 par le gouvernement provincial, ce projet se veut un levier stratégique pour accompagner les efforts de stabilisation et de développement de l’Ituri, longtemps marquée par l’insécurité et la fragilité socio-économique.
Selon l’ADG du FNPSS, l’objectif principal de cette initiative est de « redonner leur dignité aux populations locales » à travers la création d’activités génératrices de revenus et d’opportunités économiques durables, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes. Elle a insisté sur la nécessité de passer des discours aux actions concrètes afin de répondre efficacement à la vulnérabilité sociale qui affecte plusieurs communautés de la province.
Dans sa mise en œuvre, le plan social prévoit notamment l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, la promotion de l’emploi, l’appui à l’entrepreneuriat ainsi que le développement communautaire dans les différents territoires de l’Ituri. Pour le FNPSS, l’emploi constitue un pilier essentiel dans la lutte contre la précarité, car il favorise la protection sociale, la sécurité alimentaire et l’accès à l’éducation.
Afin d’offrir une alternative crédible à l’exploitation minière artisanale, souvent caractérisée par des conditions de travail précaires et dangereuses, le FNPSS entend miser sur le potentiel agricole de la province. Plusieurs filières porteuses ont été identifiées, notamment le manioc, le soja, l’arachide, le bambou ainsi que l’élevage.
Dans cette perspective, des centres de promotion de l’agrobusiness seront progressivement implantés afin de former les jeunes, mécaniser l’agriculture et assurer la transformation des produits locaux dans le but de stimuler l’auto-emploi et l’économie rurale.
Le programme prévoit également la construction de plusieurs infrastructures communautaires, parmi lesquelles des centres de santé, des maisons des jeunes, des espaces de loisirs, des centres biotechnologiques ainsi que des structures neuropsychiatriques destinées à la prise en charge des victimes de violences armées.
Par ailleurs, le FNPSS entend renforcer l’implication des sociétés minières dans le développement local à travers des mécanismes efficaces de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Alice Mirimo Kabetsi a toutefois salué les initiatives déjà entreprises par certaines coopératives minières dans la réalisation d’infrastructures de proximité au bénéfice des communautés.
Pour assurer une meilleure proximité avec les populations, le FNPSS prévoit également l’ouverture progressive de bureaux territoriaux à Aru, Irumu, Djugu, Mahagi et Mambasa.
D’après les responsables du FNPSS, un montant global de 280 millions de dollars américains a été alloué à ce plan social provincial de l’Ituri. Un financement qui témoigne de l’ampleur des ambitions affichées pour transformer durablement les conditions socio-économiques de cette province.
Cependant, la réussite de ce programme dépendra largement de la collaboration entre le gouvernement provincial, les partenaires techniques et financiers, les opérateurs miniers ainsi que les communautés locales.
Hervé Kasamba
