La paroisse Saint-Joseph de Bule, située dans le territoire de Djugu dans la province de l’Ituri, a été gravement profanée entre le 14 et le 16 février lors d’affrontements armés. Le diocèse catholique de Bunia a dénoncé ces actes dans un communiqué officiel publié le 18 février, signé par son vicaire général.
Selon Monseigneur Eustache-Roger Tsorove Dio, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui contrôlent le centre de Bule dans la chefferie des Bahema Badjere, seraient impliqués dans ces incidents survenus au cours de combats avec les miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP).
Le diocèse fait état de « graves dégâts collatéraux » : les toitures de l’église et du presbytère ont été perforées, les murs et vitres criblés de balles et d’éclats d’obus, tandis que de nombreux biens de valeur ont été pillés. Le Saint-Sacrement lui-même a été atteint, ce que l’Église qualifie de « profanation grave ».
Face à cette situation, la Curie diocésaine exhorte les autorités provinciales et nationales à faire toute la lumière sur ces événements et à rendre justice. Elle condamne la recrudescence de la violence à Bule et s’inquiète des « propos menaçants » que certains militaires auraient tenus à l’égard du clergé local.
Tout en rappelant que l’Église catholique demeure un « artisan de paix » neutre en Ituri, le diocèse exprime sa solidarité envers les prêtres, les fidèles et les populations civiles. Il appelle à l’ouverture urgente d’un couloir humanitaire pour assister les personnes vulnérables et invite les détenteurs illégaux d’armes à les déposer afin de s’engager sur la voie de la paix.
Depuis plusieurs années, l’Ituri est ravagée par des cycles de violences armées. Le centre de négoce de Bule, devenu l’épicentre des affrontements entre la CRP et les forces loyalistes, voit chaque jour des familles fuir sans assistance, dans une précarité croissante.
Hervé Kasamba
