Trente-cinq jours après la déclaration officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Ituri, les autorités nationales et provinciales ont dressé un premier état des lieux de la riposte. L’évaluation a été présentée ce vendredi lors d’un briefing de presse organisé au gouvernorat de province à Bunia.
La rencontre a réuni le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, ainsi que le gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-Major Gaby Kasongo Mulumba. Les échanges avec les médias locaux et internationaux ont porté sur l’évolution de la maladie et les stratégies mises en place pour contenir sa propagation.
Les autorités ont particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des communautés. Selon le ministre de la Santé, la méfiance de certaines populations et le retard dans la consultation des structures sanitaires demeurent des obstacles majeurs à l’efficacité de la riposte.
« Les symptômes de cette maladie ne sont pas aussi impressionnants que beaucoup l’imaginent. C’est d’ailleurs ce qui fait sa dangerosité, car plusieurs personnes tardent à consulter », a-t-il expliqué.
Présentant les statistiques actualisées de l’épidémie déclarée le 15 mai dernier, le ministre a indiqué que 933 cas confirmés ont été enregistrés jusqu’à présent, dont 245 décès, soit un taux de létalité de 26 %.
Face à cette situation, le gouvernement mise notamment sur la gratuité de la prise en charge médicale afin d’encourager les malades à se présenter rapidement dans les centres de santé dès l’apparition des premiers symptômes.
« Étant donné que les soins sont gratuits, pourquoi perdre inutilement du temps avant de consulter ? », a souligné le ministre de la Santé.
Malgré les défis logistiques et sécuritaires, les autorités relèvent des résultats encourageants sur le terrain. Plus de 80 patients ont déjà été déclarés guéris et ont quitté les centres de traitement, un signe d’espoir pour les équipes engagées dans la lutte contre la maladie.
Pour les responsables de la riposte, ces guérisons démontrent qu’un diagnostic précoce et une prise en charge rapide permettent d’augmenter considérablement les chances de survie et de réduire la propagation du virus au sein des communautés.
Hervé Kasamba
