Une nouvelle flambée de violence dans le territoire de Djugu, en Ituri, a provoqué un déplacement massif de populations. À la suite de violents affrontements survenus samedi 27 septembre entre deux milices rivales, notamment la Codeco et la CRP, dans la localité de Gina, plus de 3 500 civils ont cherché refuge.
Les combats ont été déclenchés après l’attaque initiale d’une position des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Matate par la milice CRP. La riposte et l'engagement des milices rivales ont rapidement dégénéré en violences ciblant les populations.
Le bilan immédiat des affrontements fait état d'au moins deux blessés civils, outre les dommages matériels considérables. Des habitations ont été incendiées et des actes de pillage de bétail ont été signalés. Face à cette situation chaotique, la seule option pour les habitants a été la fuite.
Plus de 3 500 personnes, parmi lesquelles 1 850 femmes et 550 enfants (les catégories les plus vulnérables), ont trouvé refuge devant la base militaire de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) située à Gina.
Réponse sécuritaire et persistance des menaces
Le déplacement massif des habitants s’est concentré autour de la base onusienne et de Gina Centre, où les Casques bleus de la MONUSCO et les éléments des FARDC ont intensifié leurs patrouilles pour assurer la protection des civils et dissuader de nouvelles attaques.
Malgré un retour au calme relatif observé dans les heures qui ont suivi, la situation sécuritaire demeure extrêmement tendue dans l'ensemble du territoire de Djugu. Ce nouvel épisode de violence armée entre milices, dont les motivations sont souvent liées au contrôle des terres et des ressources, continue de compromettre sérieusement les efforts de paix entrepris par les autorités locales avec l'appui constant de la communauté internationale.
Ce drame humanitaire met en lumière la fragilité persistante de la situation en Ituri et la difficulté à maintenir une paix durable tant que les groupes armés conservent leur capacité de nuisance et leur accès aux armes. La protection des populations civiles reste la priorité absolue des forces de sécurité et de la MONUSCO sur le terrain.
Pascal Nduyiri
