Six ans après la signature de l’accord de paix de Gety entre le gouvernement congolais et la Force de Résistance Patriotique en Ituri (FRPI), le mouvement armé basé à Walendu Bindi, dans le territoire d’Irumu, hausse le ton. Dans un contexte sécuritaire toujours fragile en Ituri, la rébellion accuse les autorités centrales de ne pas avoir respecté les engagements pris en 2020 et appelle à une application stricte du pacte pour garantir une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Signé le 28 février 2020 à Gety-État, cet accord était censé marquer un tournant décisif dans la stabilisation de la province. Mais, six ans plus tard, la FRPI dresse un bilan qu’elle juge « peu satisfaisant ». Lors d’une conférence de presse tenue le 28 février, son porte-parole, Alberto Muno, a dénoncé l’absence d’avancées concrètes.
Parmi les engagements restés, selon lui, sans suite figurent la reconnaissance des grades des ex-combattants, l’adoption de mesures d’amnistie, leur intégration au sein des forces de défense et de sécurité ainsi que leur prise en charge effective dans les centres de regroupement.
« Aucun progrès notable n’a été observé. Les engagements contenus dans l’accord n’ont été exécutés ni en totalité ni même partiellement », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, la FRPI en appelle au gouvernement congolais et à la communauté internationale pour une évaluation « objective et transparente » du processus. Le mouvement affirme toutefois maintenir son engagement en faveur de la paix et réitère son attachement aux institutions de la République ainsi qu’au Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Alors que l’Est du pays demeure confronté à la présence de groupes armés et à une instabilité persistante, la mise en œuvre effective de l’accord de Gety apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour l’avenir sécuritaire de l’Ituri.
Augustin Ndjabu
