Les autorités de proximité ont été appelées, mercredi 11 février 2026, à assumer pleinement leurs responsabilités afin de prévenir les conflits armés en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Cet appel a été lancé par le professeur Pilo Kamaragi lors d’une assemblée des professeurs d’université de l’Ituri.
Dans son intervention, l’enseignant universitaire a insisté sur le rôle central des chefs coutumiers, des chefs de villages et de groupements dans la consolidation de la paix. Selon lui, la prévention des violences passe d’abord par une administration territoriale forte, ancrée dans les réalités locales.
« Les chefs coutumiers, les chefs de villages et de groupements doivent maîtriser la composition de leurs communautés ainsi que la circulation des armes. Ce n’est ni au gouverneur ni au ministre de l’Intérieur d’identifier les familles liées aux groupes armés, mais bien aux responsables à la base. Une paix durable repose avant tout sur une administration territoriale solide, proche des citoyens et véritablement fonctionnelle », a déclaré le professeur Kamaragi.
La proximité comme levier de stabilité
Pour le sociologue, aucune stratégie sécuritaire ne peut produire des résultats durables sans l’implication effective des autorités locales, mieux placées pour comprendre les dynamiques communautaires et anticiper les tensions.
Il a également souligné l’importance pour les administrateurs territoriaux d’exercer leurs fonctions depuis leurs entités respectives. L’éloignement physique des autorités de leurs juridictions, a-t-il estimé, affaiblit la gouvernance et laisse le champ libre à l’implantation des groupes armés.
« L’administration territoriale doit être présente sur place. À titre d’exemple, l’administrateur du territoire de Djugu devrait tenir des réunions régulières avec l’ensemble des chefs de localité, comme cela se pratiquait autrefois », a-t-il expliqué, plaidant pour un dialogue permanent entre autorités coutumières et administratives.
Vers une intégration territoriale renforcée
Le professeur Kamaragi a rassuré que cette démarche s’inscrit dans une logique d’intégration territoriale, jugée essentielle pour prévenir les tensions et rétablir l’autorité de l’État.
« Cette intégration permet une meilleure compréhension et anticipation des conflits », a-t-il soutenu, appelant à une gouvernance fondée sur la proximité, la connaissance des réalités locales et une responsabilité partagée.
En conclusion, il a rappelé que la stabilisation de l’Ituri nécessite une analyse approfondie des dynamiques locales ainsi qu’un engagement sincère des autorités à tous les niveaux, particulièrement au sein des communautés. Selon lui, seule une administration de proximité forte et proactive permettra d’éviter que les populations ne demeurent vulnérables face aux manipulations et à l’insécurité persistante.
Augustin Ndjabu/ stagiaire
