Le Conseil des ministres a approuvé, lors de sa réunion du vendredi 23 janvier à Kinshasa, le projet d’Ordonnance-Loi autorisant la prorogation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu pour une période de 15 jours, à compter du 1er février 2026.
Présenté par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ce texte a été examiné puis validé après débats et délibérations au sein du gouvernement.
Cette nouvelle prorogation intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par l’activisme des groupes armés, notamment le M23.
Une mesure toujours controversée
Instauré en mai 2021 par le président Félix Tshisekedi, l’état de siège dans l’Est de la République démocratique du Congo devait permettre aux autorités militaires de reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes rebelles.
Toutefois, cette mesure exceptionnelle reste largement critiquée par les populations locales, qui dénoncent son inefficacité et ses conséquences sur la vie quotidienne.
En janvier 2025, après la chute de la ville de Goma, le M23, qui occupe aujourd’hui une grande partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avait même annoncé de façon symbolique la « levée » de cette mesure dans les territoires sous son contrôle.
Entre discours sécuritaire et espoir diplomatique
Dans le même temps, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Somo Kakule Evariste, nommé par le président Félix Tshisekedi et basé à Beni, s’était montré rassurant ces derniers mois. Il affirmait travailler « afin de reprendre Goma ainsi que toutes les zones sous contrôle du M23 ».
Cependant, face à l’évolution de la situation sur le terrain, le chef de l’exécutif provincial dit désormais espérer une solution diplomatique pour mettre un terme au conflit, illustrant le dilemme entre l’option militaire et la voie des négociations.
Alors que la prorogation de l’état de siège est une nouvelle fois actée, de nombreuses voix s’interrogent sur l’efficacité réelle de cette mesure et sur l’urgence de solutions durables pour restaurer la paix dans l’Est de la RDC.
Dieumerci Matu Chub
